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Bénin : CCIB, Focus sur une renaissance grâce à Jean Baptiste Satchivi

Par afriQualite - 07/05/2014

La CCIB a été créée le 12 avril 1908. Au cours de son évolution, elle a subi des mutations institutionnelles.

 

Au départ, les volets commerce, industrie et agriculture étaient constitués en un seul bloc. C’est à la faveur de l’indépendance du pays et précisément le 03 avril 1962, qu’un acte a été pris pour l’éclatement de la Chambre de Commerce, d’Agriculture et d’Industrie à travers la prise d’un décret portant statuts de la Chambre de Commerce et d’Industrie. La Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB) de part son organisation actuelle, est un établissement public qui jouit de la personnalité civile et de l’autonomie financière. Elle est placée sous la tutelle du Ministère chargé du Commerce et sa compétence couvre l’ensemble du territoire national. Les prestations offertes par la sont nombreuses et variées. Elles sont fournies à travers les activités menées quotidiennement par les services et départements opérationnels rattachés au Secrétariat Général. Après deux ans et quelques mois de crise les opérateurs économiques, chefs d’entreprises, ont voté le 05 Janvier 2014 pour faire le choix d’une Assemblée Consulaire représentative, digne ambitieuse et capable de relever les nouveaux défis du dialogue Public Privé et du Partenariat Public Privé actuellement à la mode au Bénin. Le 25 Janvier 2014 l’assemblée consulaire a désigné les organes dirigeants de la CCIB pour la mandature 2014-2019.

 


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Jean Baptiste Satchivi, le nouveau Président de la CCIB

Qui est Jean Baptiste SATCHIVI: Le nouveau Président de la CCIB
De la mer à la terre : la belle ascension d’un industriel, d’un militant et d’un développeur économiques.
L’Homme des grands larges et des grands espaces

A ses premières apparitions, beaucoup le disaient trop «occidentalisé» pour faire des affaires au Bénin. Dans un secteur où les petits producteurs sont légions, et où la bataille des gros fait rage, les marges sont infimes. Faire du chiffre est donc vital. A ses débuts, JBS va affronter des montagnes. De l’importation de produits de volailles à l’implantation locale d’une industrie agroalimentaire, l’homme va peu à peu imposer le Comptoir de Distribution de Produits Alimentaires (CDPA) en Major du secteur. Né le 24 Juin 1957, son parcours est très riche. Tel un funambule en équilibre entre la vente simple de ses débuts, ses fonctions institutionnelles et le business pur, l’homme jongle avec son destin. Nanti de son diplôme supérieur de Recherche en Economie et Commerce international obtenu à Paris, sa femme et lui auront le flair de lancer une poissonnerie dans le plus grand marché à ciel ouvert de l’Afrique de l’Ouest. En 1988 à Dantokpa à Cotonou, c’est là que l’histoire commence tout doucement, tel un conte de fée. Ensuite, raconte-t-il, il a « testé l’agroalimentaire au niveau le plus simple c’est-à-dire la vente de poissons surgelés entre le Bénin et le Togo à bord de son seul camion frigorifique du moment.» Gérant et co-fondateur de Cdpa, très instinctif, Satchivi touche alors un bon filon. «Cela m’a séduit et j’ai persévéré. Et comme je suis curieux et que j’aime les défis, j’ai osé encore et encore.»Mais, sollicité de toutes parts, il estime que sa société a moins d’impact dans le secteur et ne joue pas les premiers rôles. La fin des années 1990 va alors marquer un tournant. La Cdpa se porte de mieux en mieux et la création d’Agrisatch en 2004 va donner un nouvel élan aux activités du groupe.

 

De la poissonnerie à l’agroalimentaire, démontre son art et son sens des affaires (50 milliards de chiffre d’affaire en 2010)
Erer une poissonnerie à Dantokpa quand on a un diplôme supérieur, voilà qui peut paraître curieux, surtout que ce marché n’a vraiment pas grand rapport avec une université parisienne. Mais JBS a créé le concept du ‘’Start up’’ bien avant tout le monde. Et Satchivi va peu à peu s’imposer dans le secteur, appliquant bien avant tous les modernes, le principe du start up où le savoir faire s’applique à des domaines innovant et à forte potentialité. Le Groupe est alors positionné sur 3 types de produits congelés (viande, volaille et poisson) qu’il distribue. Cdpa va grandir et en 2004 se donner comme objectif de produire des volailles pour nourrir sainement le plus grand nombre de Béninois. Agrisath est né. Il allie les importations et la production locale. En 2009, après 5 ans d’activités d’Agrisatch, les activités de lancement du complexe industriel du groupe vont connaître un retentissement médiatique important. En présence d’un parrain de choix en la personne du chef de l’Etat Boni Yayi et de plusieurs personnalités, Jean Baptiste Satchivi clamera, après 22 ans dans l’importation et la distribution de produits congelés, sa réorientation vers la production. « Le secteur avicole béninois est un secteur embryonnaire qui peut générer de nombreux emplois pour réduire le taux de chômage au Bénin » expose l’homme d’affaires. Voilà une des raisons qui ont poussé Jean-Baptiste Satchivi à se lancer dans la production. Le complexe industriel avicole du groupe Agrisatch est ainsi lancé avec sur des bases de réussite très élevées.

 

Agrisatch CDPA a une capacité de 90.000 oeufs par jour et avait à coeur, à son lancement en 2009, de produire environ 23 millions d’œufs par an en vitesse de croisière. Des capacités largement atteintes et dépassées à ce jour. 30 millions d’oeufs et 75 tonnes de viande de volaille en 2013. La mise en place du complexe aura coûté quelques 3.072.079.010 francs CFA (plus de 4 millions d’euros). Le complexe emploie actuellement un effectif de soixante (60) personnes permanentes et des centaines d’occasionnels. Ce maillon important de son développement va doper les performances du groupe. DPA-AGRISATCH, pesait 50 milliards de chiffres d’affaires en 2010 (plus de 76 millions d’euros), avec près de 300 emplois permanents pour l’ensemble du groupe et plus de 500 emplois occasionnels, et un investissement qui avoisine les 10% de ses résultats. «C’est le travail, dit-il, qui libère l’homme et lui permet de s’accomplir. C’est aussi ce travail qui favorise le développement d’une nation», rapporte le site web personnel de Jean Baptiste, jbsatchivi.org. Son envergure et son dynamisme feront de lui plus tard, le Président de l’Union Nationale des Aviculteurs Professionnels du Bénin (UNAP-BENIN) Par ailleurs, le lancement du service Rapido pour une livraison à domicile va rajouter une nouvelle corde à l’arc Agrisatch. Son impact est réel à travers tout le pays où les produits CDPA-Agrisatch sont distribués en continu, talonnant ainsi de près le numéro 1 du secteur.

 

10 millions d’euros pour croître
Jeune Afrique économie rapporte sur son site le prêt accordé à CDPA (Comptoir de distribution de produits alimentaires) en avril 2013. 6,6 milliards de FCFA (soit 10 millions d’euros) par Proparco et BIO, deux institutions financières européennes de développement. Selon un communiqué de presse, le groupe agro-alimentaire béninois utilisera ces fonds pour développer la production avicole de sa filiale Agrisatch, fondée en 2004. « Au Bénin, la production avicole locale ne permet pas de couvrir les besoins du pays. En effet, la production de volaille représente moins de 20% du marché tandis que la production d’œufs couvre à peine 10% de la demande potentielle locale », souligne le communiqué de presse. « OBAMA Beer est la première bière produite au Bénin par des béninois », clame la page facebook dédiée au produit. Sa société de brasserie et de boissons (SBB) s’approvisionne en matières premières locales pour fabriquer «OBAMA BEER». Lancée dans la foulée de l’élection de Barack Obama, cette bière a très vite trouvé ses amateurs pour son goût différent de ses concurrentes présentes au Bénin. A base de sorgho, cette bière est une première authentiquement béninoise.«Nous existons, nous ne pouvons que grandir, qui nous suit, grandit avec nous», promet la page facebook aux couleurs de ce pur produit original. Mais pour le Groupe Agrisatch, le temps de la conquête n’est pas fini. En produisant autant de millions d’oeufs et de tonnes de volailles, le Bénin devient très rapidement étroit. La question de l’exportation devient alors une nécessité. La sous-région avec le Togo et le géant Nigéria sont visés en premier. Ceci reste le nouveau défi à l’horizon 2015 pour un groupe qui n’arrête pas de grandir et veut devenir «le grand groupe agroalimentaire ouest-africain.

 

Jean-Baptiste Satchivi, un homme sympathique
Le challenge à relever ne fait que commencer, ajoute Jean Baptiste Satchivi avec détermination. La direction est tracée, il nous appartient de l’arpenter dans la qualité de nos hommes et femmes, la qualité de nos produits, la qualité de notre management, le renforcement de nos positions au Bénin en tant que groupe de développeurs » rapporte jbstachivi.org. C’est le roi de l’image. Il a le physique d’un acteur de cinéma et dégage une classe rare. Pour lui, l’image d’intello dans les affaires est un point très positif de sa personnalité. Celui qui n’hésite pas à aller donner des conférences dans les universités et bien loin encore, très loin du profil habituel d’homme d’affaires. Dans son pays, les riches sont en général des diplômés passés par la politique ou alors des self made men peu lettrés ayant commencé par l’informel. Mais JBS, lui, est atypique et donc forcément différent. Vu son niveau d’études, une carrière de politicien pur et dur aurait été une sérieuse option. L’ascenseur social que constitue le secteur florissant de l’agroalimentaire depuis le début des années 1990 aurait pu lui servir de tremplin. Au lieu de cela, il a choisi le chemin de l’entreprise, en partant du plus bas : la vente au marché. Ce qui le rend encore plus sympathique! Car l’homme a de la détermination et de la classe : élégant sans être extravagant, il allie très bien le costume chic et la tenue locale très chic, et le jeans-T-Shirts-casquette au besoin lui vont à merveille. L’esthétique, l’art des belles choses est pour cet homme d’affaires des armes absolues. Que ce soit son site web personnel ou le celui de son groupe, on note une dynamique tournée vers la modernité.

 

Homme de réseau, « homme d’affaires vertueux »
Les rubriques sont fournies et les actualités très bien commentées. Ce qui reste une grande performance dans un pays où 1% de la population a accès à l’Internet. « Mes gars » C’est ainsi que JBS nomme ses collaborateurs, terme affectif pour montrer combien ils sont proches de lui. Et cela se vérifie dans les actes et le traitement au quotidien. Du plus haut au plus humble de l’échelle hiérarchique, «Jeannot» offre à ses employés de bonnes conditions de travail. Appuyé et soutenu par le chef de l’Etat, il est perçu comme «l’homme d’affaires vertueux». Ceci lui vaudra en 2011 la décoration de Commandeur de l’ordre national du mérite. « C’est un grand privilège et un remarquable honneur que d’être élevé au grade de commandeur de l’ordre national de son pays. » avoue-t-il. L’homme de développement qui prône le patriotisme économique avec toute la sérénité et la pondération qu’on lui connaît, n’a pas manqué de dire à la face de ses concitoyens et du monde et en toute humilité qu’il est fier d’être Béninois, rapporte un média local. Le chef de l’Etat béninois a rarement caché sa proximité et son admiration pour une des plus prospères entreprises privées du pays. Dans les arcanes politiques on le sollicite beaucoup souvent pour donner quelques coups de pouces. Comme on peut s’en douter, ce stratège des affaires qui a failli finir dans la diplomatie a un bon réseau en France où il a fait ses études. Pour preuve son emprunt de 10 millions d’euros en 2013 auprès de deux institutions bien différentes de celles qui opèrent habituellement sur le continent, en tout cas au Bénin.

 

Un militant économique au service du développement
La seconde intervention date de juin 2013 à Parakou, bien loin de l’effervescence et du confort de Cotonou. L’homme d’affaires s’est déplacé vers la 2e université publique du Bénin à Parakou. On dirait le chef du parti économie et développement ! Le thème sur lequel il va entretenir des heures durant les étudiants est : « Le militantisme économique appliqué à la jeunesse : contribution de la jeunesse dans le développement de notre pays.» Pour lui, le «militantisme économique» est un concept selon lequel le militant économique est celui qui va à la conquête du développent économique de son pays, comme le militant politique à la conquête du pouvoir politique. «Il est engagé, volontaire et va convaincre les populations dans les hameaux les plus reculés, sous le soleil et la pluie, sur la nécessité de se rassembler pour imprimer une nouvelle politique globale dans son pays.» Le militantisme économique englobe plusieurs comportements pour être un agent développeur. Jean-Baptiste Satchivi évoque ainsi trois éléments essentiels pour la conception d’une entreprise porteuse : l’homme, le projet et son environnement. Il est important que le militant économique et de développement pense à la collectivité nationale et au-delà…, martèle JBS qui prolonge : «cette image dépasse celle de l’homme d’affaires et épouse à la fois celle de l’homme politique classique et du professeur d’université. Elle doit dépasser l’homme pour atteindre la dimension de la nation ». Il a d’ailleurs promis revenir vers ces mêmes étudiants pour donner d’autres communications relatives à l’esprit d’entreprise.

 

Un des programmes les plus suivis des radios au Bénin est La chronique de Jérôme Carlos, consacrée à des personnalités et des originalités. Le journaliste va déplier le tapis rouge à JBS, chose rare dans une presse béninoise pour un homme d’affaires. Voici ce qu’il dit en préambule de l’émission «Le passage de l’option ‘’importation’’ à l’option ‘’production’’ induit, à tout point de vue, un changement qualitatif, en attendant la phase d’exportation de produits ‘made in Benin’. Dans un pays assimilé à un «état entrepôt », à cause de la prépondérance, dans son économie, des activités d’import-export, l’expérience d’Agrisatch, pionnière à tous égards, ouvre une voie d’action et de réalisation.» Et le patron de la radio Capp Fm de Cotonou poursuit : «Il est vrai que le secteur tertiaire de notre pays a grand besoin, pour se renouveler et pour se développer, d’une initiative forte et novatrice qui l’aide à opérer une rupture radicale et à passer un cap décisif. Il s’agit d’allier l’économiquement attractif d’un pôle créateur de richesse à la puissance de traction d’une entreprise locomotive qui, sous l’angle de l’innovation, fait tout bouger à sa suite.» Et le journaliste de conclure sa présentation : « Voilà les deux tableaux sur lesquels Jean-Baptiste Satchivi prend des marques nouvelles et se démarque par rapport au paysage actuel de notre secteur tertiaire. » Quand on vous dit que les médias sont fans de JBS !


 

 
MOTS CLES :  Baptiste   Satchivi   Mutations   Institutionnelles   Ccib 

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