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Séjour à l’abattoir de Cotonou : Comment la bête devient viande

Par Maria Djoton (stagiaire) - 23/07/2014

Depuis plus d’une trentaine d’années, l’abattoir de Cotonou est érigé pour épargner les populations de la consommation de viandes avariées.

 

Sur ce site où on ‘’transforme’’ les bovins et les caprins en viande, c’est tout un travail de chaîne qui se fait. Quel processus suit l’abattage des animaux jusqu’à l’obtention de la viande consommable ? Quel est l’état actuel de l’abattoir de Cotonou ? Vous découvrez les réponses à ces questions dans ce reportage. Quartier Dandji (Akpakpa), premier arrondissement de Cotonou. Nous sommes sur l’avant dernier carrefour qui met fin au territoire de la ville économique du Bénin. Le long de la voie bitumée qui mène à Porto-Novo, il y a une clôture qui flotte les rails. C’est l’abattoir. Ici, on abat et traite les bovins avant qu’ils ne soient destinés à la consommation. Dans l’enceinte de cet espace, il y a un bâtiment central. C’est le bureau du Directeur de l’abattoir. Tout le monde est occupé à travailler. Nous les avons assistés pour voir du début jusqu’à la fin le processus subit par l’animal jusqu’à ce que sa viande ne soit consommable. Selon les explications reçues, c’est à quatre heures du matin que les bovins sont tués. On indique qu’ils sont alignés dans un couloir jusqu’à la salle où ils sont immolés.

 

Cet exercice est souvent réservé à un fidèle musulman, spécialiste dans l’immolation des bêtes. Sur-place, on nous a expliqué qu’il maîtrise les manières appropriées d’immoler un animal et que c’est l’Imam d’une mosquée de la place qui l’envoie à cet effet. Pour réussir son boulot, il positionne les animaux. La tête de l’animal est dirigée vers le bas et l’une de ses pattes est accrochée à un plateau. Selon les explications reçues, cette stratégie permet l’écoulement facile du sang du bovin après son égorgement. Egorgé à l’aide d’un grand couteau, un premier lavage extérieur de l’animal est d’abord fait. Ensuite, intervient une série d’opération appelée ‘’l’habillage’’. Cette opération qui part de l’animal à la viande, consiste à l’enlèvement de toutes les pattes de l’animal. Une autre étape consiste à enlever des palonniers, les accrocher au plateau par des tendons ; la division en deux demi carcasses des viandes obtenues, par une hachette. Elle est réalisée à l’aide de deux chaines accrochées latéralement à la peau et portant chacune à leur extrémité une masse que l’opérateur saisit et tire pour débarrasser l’animal de sa peau. Une fois dépouillés, les viscères abdominaux sont traités avec tous les soins possibles afin d’éviter l’éclatement et la souillure de la carcasse.

 


© Droits réservés
la viande de boeuf au marché, image d'illustration

Inspection obligatoire
L’hygiène étant d’une grande importance dans l’alimentation humaine, ces animaux subissent des contrôles avant leur abattage. Le but est de voir s’ils portent d’éventuels virus nuisibles à l’organisme humain. « L’inspection avant et au moment d’abattage est primordiale », a déclaré Minhahoué Tchoutchou, vétérinaire inspecteur et responsable de l’abattoir de Cotonou. Pour lui, les propriétaires de bovins, avant leur arrivée sur le site de vente avec leur bétail, doivent avoir un certificat de provenance, c’est-à-dire le laissez- passer sur lequel doit figurer les informations telles que, le nom du propriétaire des animaux transportés, la date d’arrivée, l’origine des bovins et leur état de santé. Au cours de l’abattage des bovins, une inspection appelée inspection poste mortem est fait pour voir si chaque partie du bœuf découpé porte de virus. Selon Minhahoué Tchoutchou, lorsqu’à l’inspection, on constate que l’un des animaux est atteint de virus, la bête est saisie et enterrée avec soin pour éviter que quelqu’un le déterre.

 

L’abattoir est en difficulté
Au cours de notre séjour, nous avons remarqué que les instruments utilisés sont vétustes. Le vétérinaire explique qu’il y a longtemps que cet abattoir est créé et que certains matériels ont atteint l’âge et se gâtent au fil du temps. Mais, a-t-il rassuré, des efforts sont faits pour réparer certains matériels et ceci en fonction des moyens. Il a profité de l’occasion pour lancer un appel à l’endroit des autorités compétentes pour le programme prévu par le ministère de l’agriculture visant la construction d’un autre site. Pour lui, cela permettrait de désengorger le site d’Akpakpa pour plus de performance dans la prestation. Dans l’objectif d’avoir plus d’information sur les conditions de travail sur ce site, nous avons rencontré Abdoul, un des bouchers .Il a fait comprendre qu’il n’y a pas un endroit propice à l’abattoir pour les bovins.

 

« Les bœufs sont parfois obligés de se tenir debout de la veille jusqu’au lendemain avant d’être tués », affirme-t-il. Il a émis le même vœu du réaménagement de l’abattoir, initié par le ministère de l’agriculture depuis longtemps mais qui peine à se concrétiser. Outre les difficultés de matériels et de réaménagement du site de l’abattoir, les transporteurs de bovins sont aussi confrontés à d’autres problèmes lors de leur déplacement pour l’abattoir de Cotonou. Il est difficile de transporter des bovins du marché primaire pour l’abattoir de Cotonou. « Malgré le laissez- passez délivré par les vétérinaires sur le marché primaire, nous sommes dérangés par les douaniers », confidences de Soulé, un transporteur de bovin.Il faut rappeler que l’abattoir de Cotonou est créé en 1978. Il accueille des animaux venus de plusieurs pays notamment : le Bénin, le Niger,le Burkina-Faso et le Mali. Il est érigé juste en face du marché de vente des viandes issues de cet abattoir.

 
MOTS CLES :  Abattoir   Cotonou   Bête   Viande   Populations   Avariées 

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