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Débats sur le vote de la loi déniant la grève aux magistrats : Victoire des magistrats à l’Assemblée nationale

Par Jean-Claude Kouagou - 30/07/2014

La commission des lois a présenté, hier mardi 29 juillet 2014, son rapport à la plénière de l’Assemblée nationale.

 

Au cours des débats en prélude au vote de la loi déniant la grève aux magistrats, les développements des députés Antoine KolawoléIdji et Eric Houndété, ont convaincu le président du parlement béninois, Mathurin Coffi Nago. Le choc des propos démontre que les magistrats ont signé leur première victoire à l’Assemblée nationale. L’argumentaire présenté par le député Antoine Kolawolédji de l’Union fait la Nation, et son collègue, Eric Houndété de l’Alliance « Force Clé », dans le cadre des débats, en prélude au vote de la loi déniant le droit de grève et d’association aux magistrats, était un cours de conscientisation aux députés. Ils ont d’abord, fait constater que le rapport est tronqué. Ensuite, Houndété fait la présentation physique d’un rapport de commission de lois et donne implicitement des leçons aux députés de la 6ème législature. Il les met au défi de faire croire que les députés des précédentes mandatures sont ‘’inintelligents’’. Enfin, le député de l’Alliance « Force Clé », recommande à ses collègues de concentrer leurs énergies pour résoudre les réels problèmes de développement, tels la construction des infrastructures routières, la bonne organisation des concours d’entrée à la fonction publique etc.

 

Au commencement, le député Eric Houndété, déclare ne pas se reconnaître dans le rapport présenté par la commission des lois. « Le rapport qui nous a été présenté est un rapport tronqué », a-t-il fait observer. Puis s’attaquant au fond, Eric Houndété interroge le président de l’Assemblée nationale. « M. le président, depuis quand dans un rapport, précédant le vote d’une loi, on fait une présentation avec des amendements 1, 2, 3 ? Dans quel pays avez-vous vu ça ? Dans quel Parlement avez-vous vu ça ? Quand on vient en plénière, c’est pour adopter une loi. Et à la fin on signe, professeur Mathurin Coffi Nago. On ne vient pas en plénière pour adopter des amendements. La présentation du rapport suit une démarche. » Le président du Parlement a certainement été sensible aux propos de son collègue. Après quelques autres interventions, Mathurin Coffi Nago, en vertu de ses pouvoirs a pris la résolution de suspendre la séance pour une demi-heure.

 

« On ne légifère pas dans la haine et la vengeance »
Le député Eric Houndété a mis au défi ses collègues députés, en leur faisant savoir qu’en France, notamment, les magistrats ont le droit de grève. « Ils l’exercent pleinement », a-t-il soutenu. Le député Houndété a même cité les dernières années au cours desquelles, les magistrats français ont déposé leurs toges. Puis il fait une profession de foi : « On ne légifère pas dans la haine et la vengeance. Aujourd’hui, vous êtes docile et on vous laisse faire. Quand vous serez un peu plus lucide, le gouvernement vous montrera ses velléités. Monsieur le président, nous ne pouvons pas faire ça. Il est question pour nous de nous interroger sur les origines des grèves des magistrats au Bénin. C’est avec une grande humilité que je vous supplie de revenir à la raison"

 

Le recul de la commission des lois
La présidente de la Commission des lois, Hélène AholouKèkè, à la suite des interventions aussi contradictoires que pertinentes, a fait savoir que : « la commission des lois va retirer pour le moment son rapport. Elle va se retrouver pour proposer quelque de mieux. » Il n’en fallait pas plus que les partisans de Yayi Boni, à qui on ne sait quelle trompette embouchée pour leur faire entendre raison, exigent la poursuite des débats. Ainsi, les réactions des députés Rachidi Gbadamassi, Sacca Lafia, Chabi Sika, Djibril Débourou et André Okounlola soutiennent qu’il faut aller au bout de l’action pour voter la loi interdisant aux magistrats le droit de grève et d’association aux magistrats. De leur côté, les députés Nicaise Fagnon, Lazare Sèhouéto, Epiphane Quenum, Bani Samari et Eric Houndété, soutiennent la proposition de retrait de la loi faite par la présidente de la Commission des lois, Aholou Kèkè.

 
MOTS CLES :  Grève   Magistrats   Magistrats   Assemblée   Plénière 

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A savoir

  • Nago et le bon sens
  • L’ouverture des débats a donné lieu à de fines invectives. Le président de l’Assemblée nationale, en bon Professeur, a compris l’enjeu en calmant les esprits par la méthode classique de suspension de séance. Ainsi, recommande le bon sens. Car lorsque les travaux sont suspendus, les participants, au retour, ne sont plus animés des mêmes velléités. La colère des uns et la rancœur des autres s’estompent. L’ambiance redevient vivable.

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