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Suspension de la procédure de vote de la loi ‘’anti-magistrats’’: Nago-Yayi : La guerre est désormais déclarée

Par Jean-Claude Kouagou - 08/08/2014

Depuis que le président de l’Assemblée nationale a renvoyé dos à dos les députés de la majorité et ceux de minorité, les méninges du chef de l’Etat fonctionnent mal.

 

Ce qui présage d’une rupture de bancs entre les deux premières personnalités du Bénin. Mathurin Coffi Nago a pris ses responsabilités devant l’histoire pour ne pas être comptable d’un plan de déstabilisation de la démocratie béninoise. Car, le retrait du droit de grève aux magistrats d’une part, puis le musellement de la presse d’autre part, s’inscrivent parfaitement dans un plan machiavélique auquel Nago n’a pas voulu souscrire. Alors le professeur Nago actionne son bon sens et le ciel tomba sur les députés de la majorité présidentielle, mardi 5 août 2014, quand il mit fin au plan ourdi contre le statut des magistrats. Ils ont failli péter les plombs.

 


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le président du Bénin, Yayi Boni

Et pour cause ! Le retrait du droit de grève aux magistrats fait partie des actions secrètes à mener pour l’atteinte des objectifs du prince de Tchaourou. Yayi Boni est assoiffé d’un troisième mandat au prix du sacrifice des acquis de la Conférence des forces vives de la Nation. En ce moment, se tient à Lokossa un séminaire sur le Code de l’information et de la communication. Un outil essentiel qui devra régir le fonctionnement de la presse béninoise. Les résolutions de ce séminaire sont d’avance connues : parvenir dans les dispositions de ce Code à museler et à réduire à sa plus simple expression la liberté de la presse. Ces résolutions ajoutées à la loi qui dénie le droit de grève aux magistrats, forment l’acte premier du plan machiavélique. Le deuxième acte quant à lui, consiste à lancer la boutade d’un troisième mandat au profit de Yayi Boni. Pour ce faire, le plan de la mouvance est bien mûri.

 

Coup double
Comme une partie de cinéma en coup double, deux actions successives devraient permettre d’aboutir à cette vilaine fin aux antipodes des principes démocratiques. La première partie ! Trouver une personne pour porter le message : un précurseur. Elle n’était pas loin de Yayi. Quand bien même, elle était en mission, elle a été rappelée par le Chef. C’est Fatouma Amadou Djibril qui a réussi brillamment là où Rékyath Madougou a échoué. Fatouma est du septentrion et femme ministre de la République. Elle est relativement jeune. Pour équilibrer tout ça, il faut un vieux de la région méridionale. D’où, le septuagénaire Karim da Silva pour appuyer Fatouma Amadou Djibril. da Silva, est de Porto-Novo. Que reste-t-il pour cette première partie?

 


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le président de l'Assemblée nationale du Bénin, Mathurin Coffi Nago

Rien ! S’il n’y pas de réactions au sein de l’opinion publique, la deuxième partie peut être mise en œuvre. Cette partie tient ses fondements du symbolisme porteur de 2005. A la veille de la présidentielle de 2006, ce sont les populations de Kouandé, Kérou et Péhunco (2Kp) qui étaient les premières à marcher pour susciter et soutenir l’arrivée au pouvoir de Yayi Boni. C’est en conséquence, que Naomie Azaria était en mission dans cette région du Bénin Nord-Ouest. Tout est planifié pour se dérouler en l’absence de Yayi Boni qui participe au sommet Etats-Unis-Afrique. A partir de cet instant, les autres sbires du pouvoir peuvent entrer dans la danse en actionnant les populations de leurs régions respectives, en criant partout « Yayi Boni, 3ème mandat ». Le prince de Tchaourou à son retour, enverra à Barack Obama une réponse dans laquelle il dira : « Les populations me sollicitent pour un troisième mandat. Elles me demandent de réviser la Constitution. Je n’ai pas le choix."

 

La République de tous
« Le pays nous appartient tous. », déclarait un homme politique. Il ne se limite pas à la personne de Yayi Boni. La machine pour le troisième mandat de Yayi Boni a été grippée. Les vives réactions suscitées à la suite des propos de Fatouma Amadou Djibril, ont tôt fait de ternir l’image du président Yayi Boni et de l’ensemble de son système. Du coup, il fallait la soigner à nouveau. D’où la sortie médiatique du ministre d’Etat, François Abiola, qui affirmait que sa collègue devrait être emportée par certaines considérations, et qu’il n’en était point pour le Chef de l’Etat. Cependant, les velléités se poursuivaient à l’Assemblée nationale. Mais c’était sans compter avec la vigilance du président Nago. Après l’exposé de la Commission des lois et celui du Comité ad’ hoc de travail, le président de l’Assemblée a constaté que les discussions achoppaient à partir du deuxième article. Alors, il a décidé de mettre fin aux débats inutiles au grand étonnement des députés de la majorité parlementaire, qui menacent de saisir la Cour constitutionnelle.

 

Nago sauve le Bénin
Le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Coffi Nago mérite d’être félicité pour avoir posé cet acte qui sauve le Bénin démocratique. Telles que les choses évoluaient, la démocratie béninoise se vidait progressivement de sa substance. Les institutions de contre-pouvoir n’existent aujourd’hui que de nom. Elles sont toutes caporalisées. Seul le pouvoir judiciaire servait encore de rempart à la démocratie béninoise. Si l’Assemblée parvenait à lui ôter légalement ses pouvoirs, tout serait fini. Heureusement que le professeur a vite compris en prenant ses responsabilités. Les Béninois lui en seront reconnaissants, s’il continue sur le droit chemin de la démocratie.

 
MOTS CLES :  Procédure   Loi   Anti-magistrats   Guerre   Nago   Yayi 

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