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Achille Zohoun, un peintre autodidacte

Par Journaldubenin.com, source BGI - 04/03/2014

Le plasticien aux allures de jeune premier est en même temps un cadre supérieur

 

C’est dans le grand désordre de son atelier de Cotonou qu’il me reçoit. «Fais attention à mes affaires», me lança-t-il, taquin, avec l’un de ses rires exagérément bruyant dont il a seul le secret. Si dans l’imaginaire collectif du public africain, l’artiste professionnel est un raté du système éducatif dit "normal", Achille Zohoun se veut le contre-exemple. A 30 ans, ce plasticien aux allures de jeune premier est en même temps un cadre supérieur.

Originaire du Bénin, Achille Zohoun a connu tous les passages obligés du peintre autodidacte. C’est lui qui décorait les cahiers de ses camarades et les salles de classes de son école. Mais c’est surtout sur un campus universitaire que s’est effectuée la rencontre du plasticien avec son art. Lui qui étudiait les sciences de gestion à l’université de Parakou a commencé à peindre pour protester. Protester contre un mouvement étudiant politisé et une jeunesse inconsciente et méprisante du travail méthodique et patient. Il affine sa passion brute au contact d’autres artistes déjà reconnus. Mais, même s’il voue une profonde admiration et un grand respect pour Ludovic Fadaïro, ou Hervé Gigot, Achille Zohoun tient à souligner que leurs œuvres n’influencent aucunement sa façon de peindre. Car pour lui, "l’unicité est un atout majeur et le mimétisme à proscrire" en matière platière : « Je suis et je reste moi-même », me lance-t-il un peu comme un défi.

 

La révolte qui a fait éclore son talent ne le suivra cependant pas jusque sur ses toiles ; l’œuvre d’Achille Zohoun a été jusque là un véritable culte de la nature et à la femme. Mais le peintre s’inspire désormais du patrimoine immatériel africain, "très peu valorisé" selon lui, malgré "ses nombreuses richesses plastiques". Quand on lui demande lequel de ses tableaux l’aura le plus marqué, celui qui considère chacune de ses œuvres comme le "fruit de ses entrailles" en cite plutôt trois, non sans une évidente gêne. « Elles représentent les trois différents styles de travail qui me caractérisent à ce jour ». La Matrice Sacrée qui est un hommage solennel à la nature, est un algorithme des savoirs irrationnels caractéristiques même des sociétés africaines traditionnelles. L’Ascension quant à elle souligne les trois dimensions simultanées et complémentaires de l’Homme, alors que Réseautage, gigantesque tableau de 330 cm sur 140, consacre l’importance du relationnel dans les sociétés humaines de plus en plus intangibles.

Achille Zohoun a une autre passion : la photographie ; et ses sujets de prédilection, la femme et… ses tableaux. Rien que ça. Mais il est aussi un grand consommateur des sonorités de l’Afrique profonde. Alors que ses études lui ont laissé très peu de temps à consacrer à ses toiles, le lauréat du Concours National d’Art Scolaire en 2006, n’a pas encore eu beaucoup d’occasions pour présenter ses œuvres au public. Sa première exposition remonte à 2005 au centre culturel français de Parakou. A Cotonou, les amateurs d’art ont pu admirer ses œuvres lors de l’exposition Prom'art jeunes, juste avant ceux de Porto-Novo à l’occasion de Porto-Nov’art.

 

 

 
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