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L’eau en sachet « Pure water » redoutée au Bénin

Par Georgine Motassi - 26/06/2018

Produite et vendue dans des conditions hygiéniques douteuses, cette eau mise en sachet représente un grand danger pour la santé des béninois.

 


© (c) Droits réservés

L’eau communément appelée « Pure water » est un produit très consommé au Bénin. Un commerce florissant qui inquiète de plus en plus.Pour sa mise en sachet, les promoteurs font recours à trois sources d’eau à savoir la borne fontaine, l’eau courante et le puits. Visiblement épuisé par la canicule de ce 23 septembre 2017, A. Ghislain s’offre un sachet de 60cl de ‘’Pure water’’ contre 25 francs Cfa. «Je ne connais pas la provenance de cette eau, mais nous n’avons pas le choix», confie A. Ghislain.Z. Fidèle, un autre consommateur renchérit : «Nous ne savons ni les conditions dans lesquelles l’eau est mise en sachet ni ceux qui les déversent sur le marché». A l’instar de Ghislain et de Fidèle, de nombreuses personnes consomment le « Pure water » mis sur le marché par des structures et commerçants non autorisés. Hommes et femmes, jeunes et adultes, artisans et cadres de l’administration s’hydratent contre 25 francs Cfa seulement. Du fait du coût et de sa disponibilité dans les coins et recoins, la population l’adoptée en méconnaissance parfaite des risques de maladies auxquelles elle s’expose.D’une source à une autre, il y a plusieurs risques de maladies.

 

«L’eau en sachet est fabriquée hors norme. Elle n’est ni incolore ni inodore et contient des particules», explique Ernest Gbaguidi, président de l’Association de défense des droits des consommateurs. Sur le marché, le constat est amer. Outre les microbes qu’il contient, « Pure water » a un arrière-goût désagréable. «Tous les produits flanqués ‘’Pure water’’ ne sont pas consommables. La qualité de l’eau utilisée est douteuse », informe Gabriel Togbada, chef Service hygiène au ministère de la Santé.Pour l’ensachage de l’eau, certaines personnes de moralité douteuse utilisent l’eau de puits, de robinet, et même deforages clandestins construits dans des conditions hygiéniques des plus indignes à savoir la promiscuité désagréable de la machine de production avec des douches ou des salles de bain plein air et des abords immédiats des lieux d’aisance. L’eau est mise en sachet dans une pièce où l’insalubrité contraste avec la norme.Le phénomène est perceptible tant au marché Dantokpa que dans certaines maisons abritant des unités de production. « Si elle est mise en sachet et exposée au soleil, même l’eau de la borne fontaine produit des réactions chimiques. Je ne veux pas être alarmiste, mais la situation est grave», prévient le président de l’Association des consommateurs. Le chef service certification à l’Agence nationale de normalisation de métrologie et du contrôle de la qualité (Anmcq), Youssouf Mama Sika soutient : «Les analyses effectuées sur les eaux prélevées ont révélé la qualité douteuse de certaines eaux en sachet ». Le secteur est de plus en plus,envahi par des fabricants malhonnêtes. Ils exposent les consommateurs à des risques de maladies telles que «la fièvre typhoïde, le choléra, la dysenterie, l’hépatite A et E et d’autres maladies hydriques», informe UbaldGossy-Sossou, médecin.

 

La commercialisation de l’eau en sachet remonte en effet, à l’organisation de la Coupe du monde junior par le Nigeria en 1994. Les autorités nigérianes ont sollicité l’appui technique d’experts chinois pour mettre à la disposition de leurs hôtes, de l’eau propre à la consommation. A la suite de cet événement, l’ensachage de l’eau est entré dans l’habitude des Nigérians et a été exportée au-delà des frontières du voisin de l’Est. L’activité a été développée dans d’autres pays dont le Bénin.Dans son rapport de mission sur la sensibilisation et le suivi des producteurs d’eau en sachet dans le département du Littoral, la Direction de l’alimentation et de la nutrition appliquée a fait le constat selon lequel sur les 48 producteurs visités au marché Dantokpa, les unités de production sont dans une insalubrité totale. Le rapport dénonce le manque d’hygiène des lieux et surtout des filtres qui ne font pas souvent l’objet d’un nettoyage rigoureux. La salubritédes lieux est la dernière préoccupation des producteurs. Ces commerçants véreux s’adonnent à cette activité sans aucune mesure d’hygiène. C’est le cas d’un opérateur illégal installé en plein cœur de la ville de Guinkomey.

 

La soixantaine environ, ce promoteur clandestin exerce dans une insalubrité indescriptible et sans aucune précaution hygiénique. Des habits sales enfouis dans un canapé installé dans la pièce où est disposée la machine qui diffuse l’eau en sachet. Dans la même pièce, des ustensiles de cuisine disposés pêle-mêle. Ici, l’eau est mise dans un pack de vingt sachets et cédée à deux cents (200) francs Cfa aux revendeuses. Tout comme ce vieux hideux, l’activité de mise en sachet de l’eau enregistre des fabricants sans foi ni loi qui mettent en danger la vie des populations. Ces derniers n’observent pas toutes les procédures régulières en matière de sécurisationdes consommateurs. « Boire un sachet d’eau de ‘’pure water’’ qui contient des toxiques expose l’individu à de graves problèmes de santé qui peuvent, soit entraîner la mort, soit un cancer à la longue», prévient M. Gossy-Sossou, médecin. Selon le président de l’Association des consommateurs, cette situation est favorisée par le manque de suivi et le manque d’inspection des unités de production.

 

S’il est vrai que les spécialistes n’arrivent pas encore véritablement à établir le lien entre un décès et la consommation de « Pure water » au Bénin, il faut tout de même reconnaître qu’au Ghana tout près, une épidémie de choléra liée à la consommation d’eau insalubre a fait en 2015 une quinzaine de morts. Au Togo, les autorités publiques ont fait fermer les unités de production de « Pure water » pour non-conformité aux mesures d’hygiène. Il est donc indéniable que la consommation des eaux produites par les unités illégales de production constitue un danger pour la santé des populations. Pendant que les autorités béninoises continuent d’élaborer les stratégies d’assainissement du secteur, les populations meurent à petit feu. Il y a nécessité de réorganiser le secteur dans l’immédiat.

 
MOTS CLES :  Pure   Water   Eau   Sachet   Douteuse 

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