CEDEAO : état d’urgence déclaré pour contrer les coups d’État

Abuja, 9 décembre 2025 – Face à l’accumulation sans précédent de coups d’État et de tentatives de déstabilisation en Afrique…

Abuja, 9 décembre 2025 – Face à l’accumulation sans précédent de coups d’État et de tentatives de déstabilisation en Afrique de l’Ouest, la CEDEAO a franchi un cap historique : l’organisation régionale a officiellement déclaré l’état d’urgence sur l’ensemble de son espace.

L’annonce a été faite ce mardi  par le président de la Commission, Omar Alieu Touray, à l’issue de la 55ᵉ session ministérielle du Conseil de médiation et de sécurité, réunie à Abuja. « La récurrence des ruptures anticonstitutionnelles constitue une menace existentielle pour la paix, la sécurité et le développement de notre région », a-t-il déclaré, justifiant ainsi cette mesure exceptionnelle.

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Le contexte : une contagion organisée

 

Le timing n’est pas anodin. En effet, il intervient moins d’une semaine après le démantèlement, par les services béninois, d’un complot visant à renverser le président Patrice Talon – le dernier épisode en date d’une série noire qui, depuis 2020, a vu tomber les régimes civils au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et au Niger, tandis que plusieurs autres pays ont frôlé le chaos.

De ce fait, pour la première fois depuis sa création en 1975, l’organisation ouest-africaine place l’ensemble de ses quinze États membres sous un régime d’urgence sécuritaire et politique permanent, signe que les dirigeants régionaux considèrent la vague putschiste non plus comme une succession d’incidents isolés, mais bien comme une contagion organisée qui menace l’existence même du bloc.

 

L’arsenal de la CEDEAO : force en attente et sanctions durcies

 

Avec cette déclaration d’urgence régionale, la CEDEAO se donne les moyens d’agir plus rapidement et plus fermement. Les chefs d’État convoqueront un sommet extraordinaire dans les prochaines semaines afin de convertir cette alerte en mesures concrètes : ils durciront les sanctions de façon ciblée, activeront éventuellement la Force en attente, accéléreront la révision du Protocole additionnel sur la démocratie et la bonne gouvernance, et renforceront les mécanismes de prévention et de réaction rapide aux crises.

Reste à savoir si cette réponse tardive et musclée parviendra à inverser la tendance ou si, au contraire, elle accentuera le fossé entre une CEDEAO perçue comme distante et des opinions publiques parfois acquises aux discours souverainistes portés par les juntes. Les prochaines semaines seront décisives.

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