EconomieMines et Hydrocarbures




Pétrole au Bénin : Reprise imminente du champ offshore de Sèmè

Cotonou, 15 janvier 2026— Un vent d'optimisme souffle sur les côtes béninoises. Après plusieurs décennies de silence, le champ pétrolier…

Cotonou, 15 janvier 2026— Un vent d’optimisme souffle sur les côtes béninoises. Après plusieurs décennies de silence, le champ pétrolier offshore de Sèmè s’apprête à reprendre la vie. Sauf imprévu de dernière minute, le Bénin réintégrera effectivement le cercle des pays producteurs de pétrole d’ici la fin de ce mois.

Ce projet ambitieux est porté par la société Rex International Holding, via sa filiale locale Akrake Petroleum Benin SA. Initialement espérée pour la fin de l’année 2025, la reprise a dû composer avec les caprices de la géologie, mais les signaux sont désormais au vert.

LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ



 

Un trésor endormi depuis 1998

Le gisement de Sèmè n’est pas un inconnu pour les Béninois. Découvert en 1969, il a connu ses heures de gloire entre 1982 et 1998, période durant laquelle il a livré environ 22 millions de barils. À l’époque, la chute brutale des cours mondiaux — tombés à 14 dollars le baril — avait rendu son exploitation non rentable, forçant les autorités à fermer les vannes.

Aujourd’hui, grâce à la remontée des cours et aux progrès technologiques, la donne a changé. La relance repose sur une stratégie de modernisation profonde. Le cœur de cette reprise bat autour du puits AK-2H, un complexe horizontal de fourrage conçu pour maximiser l’extraction.

 

Les défis techniques du sous-sol

Si le pétrole est là, l’atteindre n’a pas été de tout repos. Les ingénieurs d’Akrake Petroleum ont dû faire face à des couches de roches instables situées juste au-dessus du réservoir, provoquant des incidents techniques qui ont retardé le calendrier initial. « Il a fallu ajuster nos méthodes de fourrage en temps réel », explique-t-on du côté des experts. Ces obstacles désormais surmontés, la production peut démarrer dès l’achèvement final du puits AK-2H, les unités de stockage et de traitement en mer étant déjà opérationnelles.

Quel impact pour l’économie nationale ?

Avec une production initiale estimée à 15 000 barils par jour, le Bénin ne prétend pas rivaliser avec les géants de l’OPEP. Toutefois, pour l’économie locale, l’enjeu est colossal. Ce volume stratégique permettra de :

  • Augmenter les recettes fiscales de l’État.
  • Créer des emplois directs et indirects dans le secteur des services pétroliers.
  • Renforcer la souveraineté énergétique du pays.

Vers un avenir plus profond

L’aventure ne s’arrête pas là. Les réserves actuelles (prouvées et probables) sont estimées à un peu plus de dix millions de barils. Mais Akrake Petroleum voit plus loin : un puits d’exploration futur doit tester des réservoirs plus profonds, qui pourraient abriter non seulement du pétrole, mais aussi du gaz naturel.

La renaissance de Sèmè s’inscrit dans un mouvement régional de reconquête de l’offshore en Afrique de l’Ouest. Pour le gouvernement béninois, c’est un test de maturité industrielle. Réussir à redonner vie à un ancien gisement grâce à l’innovation technologique envoie un message fort aux investisseurs internationaux : le sous-sol béninois a encore beaucoup à offrir.

Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP