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Sèmè-Podji : Une opération douanière vire à l’affrontement mortel

Sèmè-Podji, 16 janvier 2026 — Le sud du Bénin s’est réveillé ce vendredi dans une atmosphère de deuil et d’indignation.…

Sèmè-Podji, 16 janvier 2026 — Le sud du Bénin s’est réveillé ce vendredi dans une atmosphère de deuil et d’indignation. Deux jours après les violences survenues dans la zone franche industrielle, l’émotion reste vive à Porto-Novo et dans ses environs. Ce qui devait être une simple opération de saisie de marchandises de contrebande s’est mué, dans la soirée du mercredi 14 janvier, en affrontements meurtriers : un mort et trois blessés graves.

 

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Une étincelle dans la nuit

Vers 21 heures, sur le tronçon du PK 18, une unité douanière intercepte un chargement de produits non dédouanés. L’interpellation d’un jeune contrebandier de 26 ans dégénère. Des coups de feu éclatent. Le suspect est grièvement atteint d’une balle à la tête.

La nouvelle se répand aussitôt dans le quartier. En quelques minutes, des jeunes se rassemblent, dénonçant ce qu’ils perçoivent comme un usage disproportionné de la force. À leur tête, Thiery Ahohouzou, neveu du blessé, réclame des explications.

 

Une riposte fatale

La confrontation vire au drame. Dans la confusion, une balle frappe Thiery Ahohouzou à l’abdomen. Malgré les secours, il succombe à ses blessures. Son corps repose désormais à la morgue de Porto-Novo.

Le bilan s’alourdit : le contrebandier lutte toujours contre la mort au Centre hospitalier départemental de l’Ouémé, tandis que deux autres personnes rejoignent les urgences. Parmi elles, une femme enceinte dont l’état suscite une vive inquiétude.

 

Des versions contradictoires

Le lendemain matin, les couloirs de l’hôpital de Porto-Novo sont envahis par les familles endeuillées. Elles rejettent catégoriquement la thèse d’une rébellion avancée par certaines sources sécuritaires.

Cyril Ahohouzou, père du défunt, affirme que son fils n’avait aucune intention de provoquer des troubles : « Mon garçon s’était simplement approché pour s’enquérir de la situation », confie-t-il, amer. Selon lui, le tir mortel aurait été effectué par un militaire venu en appui aux douaniers.

Un test pour l’État de droit

Ce drame relance le débat sur l’usage des armes à feu dans les opérations de lutte contre la fraude transfrontalière. Si la nécessité de protéger l’économie nationale est reconnue, la proportionnalité des moyens employés face à des civils interroge.

À Sèmè-Podji, le calme revient peu à peu. Mais les regards se tournent désormais vers la justice, appelée à établir les responsabilités et à faire toute la lumière sur cette nuit où la traque de la contrebande a coûté la vie à un jeune homme et plongé une communauté dans le désarroi.

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