À l’Assemblée nationale comme au gouvernement, le temps presse pour plusieurs figures de l’exécutif béninois, désormais confrontées à une équation institutionnelle sans échappatoire.
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À peine installée, la 10ᵉ législature de l’Assemblée nationale place déjà certains membres du gouvernement face à un dilemme stratégique majeur. En vertu de l’article 166 du Code électoral, les fonctions de ministre et de député sont strictement incompatibles. Les responsables concernés disposent de trente jours pour trancher. Un délai court, mais politiquement lourd de conséquences.
Parmi eux figurent Éléonore Yayi, Shadiya Assouma, Jean-Michel Abimbola et Abdoulaye Bio Tchané. Quatre personnalités aguerries de l’appareil d’État, aujourd’hui sommées de choisir entre la stabilité parlementaire et l’incertitude de l’exécutif.
Le Parlement, refuge institutionnel
Opter pour l’Assemblée nationale, c’est faire le choix de la durée. Un mandat de député garantit sept années pleines au Palais des gouverneurs, à l’abri des remaniements et des aléas politiques. Dans un système marqué par une forte centralité de l’exécutif, le Parlement offre une forme de sécurité institutionnelle rare, surtout à l’approche d’une échéance présidentielle.
Pour certains ministres élus, ce choix peut aussi être perçu comme une manière de consolider une carrière politique sur le temps long, de peser sur la production législative et de demeurer au cœur du jeu, quelle que soit l’issue des recompositions à venir.
Le gouvernement, prestige et incertitude
À l’inverse, rester au gouvernement, c’est accepter une fonction aussi exposée que fragile. À moins de deux mois de l’élection présidentielle d’avril 2026, aucune garantie ne protège les ministres en poste. Le changement de chef de l’État s’accompagne traditionnellement d’une recomposition de l’équipe gouvernementale, parfois profonde.
Même dans l’hypothèse d’une continuité politique, rien n’assure la reconduction durable des ministres actuels. Le maintien éventuel de certains profils dépendra autant des équilibres politiques que des arbitrages personnels du futur président.
Trente jours pour décider
Ces trente jours ne relèvent donc pas d’une simple exigence juridique. Ils constituent un moment de vérité politique. Choisir le Parlement, c’est privilégier la prévisibilité et la sécurité. Rester au gouvernement, c’est parier sur l’inconnu, dans un contexte de transition où les certitudes sont rares et les calculs multiples.
Au-delà des trajectoires individuelles, ces décisions en diront long sur les rapports de force à venir et sur la lecture que ces ministres font de l’avenir politique du pays. Le choix qu’ils opéreront, discret en apparence, pourrait bien peser durablement sur le paysage institutionnel béninois.




