Football béninois : le clientélisme menace l’essor des Amazones

C’est un vent mauvais qui souffle sur les pelouses béninoises, menaçant de balayer les acquis fragiles d’une discipline en pleine…

C’est un vent mauvais qui souffle sur les pelouses béninoises, menaçant de balayer les acquis fragiles d’une discipline en pleine ascension. Alors que le football féminin commençait à se faire un nom, porté par l’éclosion de talents comme Aude Gbedjissi ou Romaine Gandonou, des manœuvres en coulisses viennent aujourd’hui ternir cette dynamique. En cause : une organisation des compétitions manipulée à des fins électorales, au mépris des règlements sportifs les plus élémentaires.

 

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Le constat est amer pour les puristes. Après des années de marasme, le football béninois semblait avoir trouvé, sous l’égide de Mathurin De-Chacus, une voie de stabilité et de professionnalisation. Pourtant, à l’approche des prochaines échéances électorales de la Fédération Béninoise de Football (FBF), les vieux démons de la politique sportive refont surface. Le naturel, chassé par les réformes, revient au galop sous la forme d’une multiplication anarchique de clubs de troisième division féminine.

 

La « fabrique » de clubs : un détournement du mérite sportif

Le scandale repose sur une entorse flagrante au protocole d’accession. Selon les textes en vigueur, toute nouvelle entité doit faire ses preuves en quatrième division amateur départementale avant de prétendre à l’échelon supérieur. Or, des sources concordantes font état de l’intégration directe de plusieurs clubs nouvellement créés en D3, sans aucun passé sportif.

Pourquoi une telle précipitation ? Pour de nombreux observateurs, l’explication n’est pas sportive, mais arithmétique. Chaque club affilié représente une voix, un droit de vote, un soutien précieux lors des scrutins fédéraux. En gonflant artificiellement le nombre de participants, certains acteurs de l’ombre tentent de verrouiller le système électoral, quitte à sacrifier la cohérence du championnat et le niveau technique de la compétition.

 

Le cri d’alarme du « Collectif des 24 »

Face à cette dérive, la résistance s’organise. Le Collectif des 24 clubs légitimes de la troisième division féminine ne décolère pas. Dans une démarche de sauvegarde, ces dirigeants ont officiellement saisi le Président de la FBF. Mais là encore, l’opacité règne : selon nos informations, la correspondance aurait été bloquée par des filtres administratifs au sein même de l’institution, empêchant Mathurin De-Chacus de prendre la pleine mesure de la fronde.

Ce blocus informationnel souligne l’existence d’un système parallèle au sein de la fédération, capable de paralyser la communication entre le sommet et la base pour protéger des intérêts particuliers.

 

L’urgence d’une réponse ferme : De-Chacus et Ahyi au pied du mur

Le silence n’est plus possible. La crédibilité du football féminin béninois repose désormais sur la capacité de réaction du Président De-Chacus et de l’honorable Chantal Ahyi, présidente de la commission féminine. Laisser prospérer ces irrégularités reviendrait à valider une baisse drastique du niveau de jeu et à décourager les véritables centres de formation.

L’enjeu dépasse le simple cadre d’une saison de D3. Il s’agit de savoir si le Bénin veut construire une élite sportive basée sur le mérite ou s’il accepte de voir son football redevenir une monnaie d’échange politique. Si les instances ne mettent pas rapidement un terme à ces pratiques, le risque est grand de voir les partenaires et les supporters se détourner d’un sport qui, au lieu de détecter les pépites de demain, s’enfonce dans les calculs d’hier.

 

 Le football féminin, victime collatérale des ambitions

Cette crise met en lumière la fragilité des réformes au Bénin. Tant que la structure des clubs restera intimement liée au poids électoral des dirigeants, le sport restera l’otage de la politique. Pour que le pays continue de briller sur la scène continentale, il est impératif de sanctuariser le volet technique et de protéger les Amazones du ballon rond contre les appétits de pouvoir. La transparence n’est pas seulement une règle de bonne gouvernance, c’est le carburant indispensable de la performance.

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