Bénin : Installation des maires 2026 et le défi de la parité

Depuis le 14 février, les préfectures du Bénin tournent à plein régime pour investir les nouveaux exécutifs locaux. Si la…

Depuis le 14 février, les préfectures du Bénin tournent à plein régime pour investir les nouveaux exécutifs locaux. Si la décentralisation gagne en maturité, les chiffres de cette cuvée 2026-2033 révèlent une ombre persistante au tableau : l’extrême marginalisation des femmes à la tête des mairies.

 

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Le marathon administratif tire à sa fin. En effet, ce lundi 16 février 2026, le Bénin boucle l’installation des conseils communaux issus du scrutin du 11 janvier dernier. Sur l’ensemble du territoire, l’heure est aux écharpes tricolores et aux passations de charges. À l’heure où nous écrivons ces lignes, 72 édiles sur 77 ont déjà pris possession de leurs bureaux, sous l’étroite supervision des préfets de départements.

Mais derrière le décorum républicain et les promesses de « développement à la base », une statistique fait grincer les dents des défenseurs de la parité : le pouvoir local reste une affaire d’hommes.

 

Un quatuor de femmes pour 77 sièges

L’analyse de cette 5ᵉ mandature, qui s’étirera jusqu’en 2033, offre un contraste saisissant avec les ambitions de modernité affichées par la classe politique. Sur l’échiquier national, seules quatre communes — un chiffre dérisoire — ont porté une femme à leur tête :

  • Zinatou Alazi Osséni Saka à Kandi ;
  • Patricia Ponna Saï à Toucountouna ;
  • Angélique Titilola Adégnika Léonce à Kétou ;
  • Marguerite Agbanzé à Toffo.

 

Ce « club des quatre » incarne à lui seul la résistance du leadership féminin dans un univers politique encore largement verrouillé. Malgré les réformes législatives et les discours sur l’inclusion, la représentativité des femmes au sommet des exécutifs communaux stagne, soulevant des interrogations sur l’efficacité des mécanismes de promotion du genre au sein des partis politiques.

 

Le suspense final pour cinq communes

Le processus ne sera totalement clos qu’en fin de journée. Cinq localités, dont les stratégiques communes d’Ifangni et de Sakété, attendent encore le passage des préfets pour découvrir le visage de leur nouveau maire. Ce léger décalage dans le calendrier n’entache pas la dynamique globale, mais maintient une pression locale dans ces fiefs où les tractations de coulisses ont été particulièrement intenses.

 

2026-2033 : les défis d’un septennat local

Par ailleurs, les nouveaux élus héritent d’une responsabilité lourde. Dans le cadre de la réforme structurelle du secteur de la décentralisation, ils devront cohabiter avec des Secrétaires Exécutifs (SE) pour transformer les territoires.

Pour les sept prochaines années, l’enjeu sera double : prouver que la décentralisation peut répondre aux besoins vitaux des populations (eau, pistes rurales, éducation) et, surtout, démontrer que la gouvernance locale peut aussi être plus inclusive. Car, si cette mandature s’ouvre sous le signe de l’efficacité administrative, elle souffre déjà d’un déficit de représentativité qui pourrait, à terme, fragiliser le pacte de confiance entre les administrés et leurs élus.

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