PORTO‑NOVO, 22 avril 2026 – La sanction est tombée pour l’une des figures les plus clivantes de la sphère numérique béninoise. Ce mercredi 22 avril, le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a ordonné le placement sous mandat de dépôt de Luc Mègnigbeto, plus connu sous le pseudonyme « Le Russe ». Accusé de harcèlement numérique, le tiktokeur a rejoint la prison civile d’Abomey‑Calavi dans l’attente de son procès.
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Du direct au mandat de dépôt
En effet, l’étau s’est refermé sur le tiktokeur après une semaine de garde à vue. Interpellé à son domicile le 14 avril dernier par les agents du Centre national d’investigations numériques (CNIN), Mègnigbeto Luc a dû s’expliquer devant les magistrats de la CRIET sur la teneur de ses publications et de ses interventions en direct.
Ainsi, selon les éléments de l’enquête, le prévenu est poursuivi pour harcèlement par le biais d’une communication électronique. Si les détails de la plainte ne sont pas encore totalement publics, la décision du procureur spécial témoigne d’une volonté de fermeté face aux dérives sur les réseaux sociaux. En conséquence, « Le Russe » séjournera en détention préventive jusqu’à l’ouverture de son audience, fixée au lundi 11 mai 2026.
Un profil entre polémique et panafricanisme
Par ailleurs, cette arrestation n’est pas passée inaperçue tant le personnage occupe l’espace médiatique numérique. Luc Mègnigbeto s’était fait une spécialité des « lives » TikTok où il n’hésitait pas à égratigner la gouvernance du président Patrice Talon. Ses prises de position, souvent virulentes, lui avaient permis de fédérer une audience importante, mais l’avaient également placé sous les radars des autorités.
De plus, son soutien affiché aux mouvements panafricanistes et sa proximité présumée avec les réseaux de l’activiste Kemi Seba alimentent les discussions. Pour nombre d’observateurs, son ton acerbe et ses allégeances politiques ont fini par franchir la ligne rouge tracée par la législation sur le numérique en vigueur au Bénin.
Un avertissement pour la « bulle » TikTok
En somme, l’affaire « Le Russe » illustre le durcissement du cadre légal entourant la liberté d’expression en ligne. Alors que la CRIET multiplie les interventions contre la cybercriminalité et les abus numériques, ce placement en détention sonne comme un avertissement pour les créateurs de contenus.
Toutefois, le procès de mai prochain devra déterminer si les propos de l’influenceur relèvent de la critique politique ou du délit pénal, dans un contexte où la frontière entre militantisme et harcèlement numérique reste au cœur des débats judiciaires.
Enfin, avec cette mise sous mandat de dépôt, la justice béninoise rappelle que l’influence sur les réseaux sociaux ne saurait constituer une zone de non‑droit. Le procès du 11 mai sera scruté de près par les défenseurs de la liberté d’expression et les partisans de la régulation numérique.



