Ce mardi 14 avril 2026, la mission d’observation de la CEDEAO a brisé le silence à Cotonou. Sous la direction de l’ancien président ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, les observateurs ont dressé un bilan globalement positif de la présidentielle du 12 avril. En effet, le vote s’est déroulé dans un climat apaisé sur l’ensemble du territoire béninois, soutenu par une présence sécuritaire jugée à la fois discrète et rassurante.
Par ailleurs, ce scrutin marquait une étape importante avec l’application de la nouvelle loi constitutionnelle de décembre 2025. Cette réforme a introduit le ticket président–vice-président ainsi qu’un mandat de sept ans. Malgré ces changements structurels, la Commission électorale nationale autonome (CENA) a réussi à encadrer un corps électoral de près de 7,9 millions d’inscrits, répartis dans plus de 17 000 bureaux de vote. La mission indique avoir observé 55 postes de vote à l’ouverture, dont 85 % ont démarré à l’heure, malgré quelques retards logistiques et absences ponctuelles d’agents électoraux.
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Des anomalies identifiées sur le terrain
Toutefois, le rapport ne passe pas sous silence les dysfonctionnements observés. Si la majorité des bureaux ont ouvert à l’heure, des retards logistiques ainsi que des ouvertures anticipées, notamment à Sèmè-Kpodji et Avrankou, ont été relevés.
De plus, la mission fait état d’incidents plus graves, bien que localisés :
- des tentatives d’achat de conscience et d’intimidation ;
- des cas ponctuels de bourrage d’urnes ;
- des incohérences dans le décompte des voix lors du dépouillement ;
- un nombre élevé de bulletins nuls dans certains bureaux.
Cependant, la CEDEAO précise que ces irrégularités n’ont pas remis en cause la régularité globale du scrutin. La majorité des bureaux visités garantissaient le secret du vote et permettaient une participation inclusive, avec une assistance aux personnes à besoins spécifiques et l’acceptation des pièces d’identité valides dans 99 % des cas.
L’enjeu de la participation et de la légitimité
Un point de vigilance majeur soulevé par Nana Addo Dankwa Akufo-Addo concerne la mobilisation électorale, qualifiée de « relativement acceptable ». L’offre politique étant limitée à seulement deux binômes, la mission estime que ce manque de diversité a pu peser sur l’enthousiasme des électeurs.
Dès lors, la légitimité du futur élu reste étroitement liée au taux de participation final. La mission rappelle que, malgré la pluralité des partis, le Parlement issu des législatives de janvier 2026 demeure dominé par la majorité présidentielle. En outre, la CEDEAO souligne que la menace sécuritaire dans le nord du pays, notamment dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger, reste une préoccupation, même si elle n’a pas entravé la tenue du vote.
Recommandations pour l’avenir démocratique
La CEDEAO appelle à des réformes concrètes en vue des prochaines échéances électorales. Elle préconise notamment un renforcement de la formation des agents électoraux et une meilleure gestion logistique.
Enfin, la mission exhorte les autorités béninoises à clarifier les délais de proclamation des résultats et à intensifier la sensibilisation civique. Elle recommande également une actualisation régulière du fichier électoral afin de renforcer la transparence et la confiance des citoyens. Désormais, le maintien de la transparence et la fiabilité du fichier électoral apparaissent comme des leviers essentiels pour consolider la confiance envers les institutions.




