Au Bénin, la recomposition institutionnelle suit le rythme des urnes. À la suite de l’élection des députés de la dixième législature, deux membres du gouvernement ont choisi de quitter l’Exécutif pour rejoindre l’Assemblée nationale. Une transition encadrée par les textes, mais qui impose des ajustements rapides pour préserver la continuité de l’action publique.
Le chef de l’État a entériné ces départs et mis en place des mesures provisoires afin d’éviter toute rupture dans la gestion des dossiers en cours.
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Du gouvernement à l’hémicycle
Élus députés lors des dernières législatives, Jean-Michel Abimbola et Yayi Éléonore ont exprimé leur volonté de siéger à l’Assemblée nationale, conformément aux règles qui encadrent la séparation des fonctions exécutives et législatives.
Jusqu’ici respectivement en charge du Tourisme, de la Culture et des Arts, puis de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, ils ouvrent une nouvelle étape de leur parcours politique en rejoignant l’hémicycle.
Ce passage du gouvernement au Parlement n’est pas inédit dans la vie politique béninoise, mais il rappelle la dynamique propre aux systèmes démocratiques : les responsables publics peuvent être appelés à exercer des fonctions différentes selon le mandat confié par les électeurs.
Des intérims pour maintenir le cap
Pour combler ces départs, le gouvernement a opté pour des solutions internes. Le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, assurera à titre intérimaire le portefeuille de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.
De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Assouma Alimatou Shadiya, prend également en charge le ministère du Tourisme, de la Culture et des Arts.
Ce choix de cumul temporaire vise à garantir la stabilité administrative et la poursuite des projets engagés. Les secteurs concernés — universités, recherche scientifique, promotion touristique et valorisation culturelle — sont stratégiques pour le développement du pays.
Une nouvelle phase parlementaire
Avec leur installation à l’Assemblée nationale du Bénin, les deux anciens ministres changent de rôle. Ils participeront désormais à l’élaboration des lois et au contrôle de l’action gouvernementale.
Ce basculement illustre l’équilibre institutionnel : ceux qui étaient hier aux commandes de politiques publiques deviennent aujourd’hui acteurs du débat législatif. Ils apportent à l’hémicycle leur expérience de terrain et leur connaissance des dossiers gouvernementaux.
Continuité et responsabilité
Dans un contexte régional marqué par des transitions parfois heurtées, le processus béninois se distingue par son cadre formel et son respect des règles constitutionnelles. Les départs ont été annoncés, validés et immédiatement compensés par des mesures transitoires.
Pour l’opinion publique, l’enjeu est clair : assurer que les réformes en cours, notamment dans l’enseignement supérieur et la promotion culturelle, ne connaissent aucun ralentissement.
Cette séquence politique rappelle aussi une réalité essentielle : au-delà des personnes, ce sont les institutions qui garantissent la stabilité. Et c’est dans cette continuité que se joue la crédibilité de l’action publique.



