En Afrique du Sud, l’activiste Kemi Seba placé en détention provisoire

Arrêté le 13 avril, le militant panafricaniste a comparu ce lundi devant un tribunal de Pretoria. Si Cotonou réclame son…

Arrêté le 13 avril, le militant panafricaniste a comparu ce lundi devant un tribunal de Pretoria. Si Cotonou réclame son extradition, la justice sud-africaine se concentre pour l’heure sur des questions de droit commun et de séjour.

 

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L’étau judiciaire se resserre autour de Stellio Gilles Robert Capo Chichi, plus connu sous le nom de Kemi Seba. Ce lundi 20 avril, le tribunal régional de Pretoria a ordonné le placement sous mandat de dépôt de l’activiste béninois, figure de proue du sentiment anti-français sur le continent et conseiller spécial du général Abdourahamane Tiani, à la tête de la transition nigérienne.

Accompagné dans le box des accusés par son fils de 18 ans, Khonsou Seba Capo Chichi, ainsi que par François van der Merwe — un Sud-Africain soupçonné d’avoir facilité son séjour — et deux autres prévenus, Kemi Seba a vu son dossier renvoyé au 29 avril prochain. Cette nouvelle audience devra statuer sur une éventuelle mise en liberté sous caution.

Une procédure de droit commun

Pour l’heure, la stratégie des autorités sud-africaines semble privilégier la prudence administrative à l’emphase politique. Si le leader de l’organisation Urgences Panafricanistes est officiellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par le Bénin pour « apologie de crime contre la sûreté de l’État », la question de son extradition n’a cependant pas été effleurée lors de cette première comparution.

Les débats se sont cristallisés sur des points de procédure technique. En plus, la police sud-africaine (SAPS) mène actuellement des vérifications approfondies sur :

  • Le statut migratoire des ressortissants béninois interpellés ;
  • La validité des adresses fournies par les intéressés sur le territoire sud-africain.

 

Bras de fer diplomatique

Derrière les murs du tribunal de Pretoria se joue pourtant une partie d’échecs diplomatique majeure. D’un côté, le Bénin de Patrice Talon lutte pour obtenir le transfèrement de celui qu’il accuse d’être impliqué dans la tentative de putsch avortée du 7 décembre 2025. De l’autre, le Niger défend corps et âme son « ambassadeur itinérant », certifiant l’authenticité de son passeport diplomatique pour tenter de lui garantir une immunité de fonction.

Pour Pretoria, le dossier est sensible. En effet, le gouvernement de Cyril Ramaphosa doit arbitrer entre sa coopération judiciaire avec Cotonou et ses liens stratégiques avec les pays de l’Alliance des États du Sahel (AES), dont Kemi Seba est devenu l’un des plus influents propagandistes.

En attendant le 29 avril, Kemi Seba demeure derrière les barreaux, laissant ses partisans et ses détracteurs dans l’attente d’un signal : l’Afrique du Sud choisira-t-elle la voie de l’extradition ou celle du renvoi vers son nouveau sanctuaire nigérien ?

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