Kemi Seba dénonce une « machination » depuis sa prison en Afrique du Sud

Le militant panafricaniste béninois Kemi Seba affirme être au cœur d’une « opération orchestrée » impliquant, selon lui, les autorités…

Le militant panafricaniste béninois Kemi Seba affirme être au cœur d’une « opération orchestrée » impliquant, selon lui, les autorités béninoises, des services français et certains agents sud-africains. Dans une longue lettre rédigée depuis sa cellule en Afrique du Sud, le président de l’ONG Urgences Panafricanistes livre sa version des faits et dénonce ce qu’il qualifie de « persécution politique ».

Dans ce document largement relayé sur les réseaux sociaux, Kemi Seba revient d’abord sur les accusations portées contre lui, notamment des soupçons liés à un projet d’attentat en Europe et des accusations de blanchiment de capitaux. Des allégations qu’il rejette catégoriquement, les qualifiant de « grotesques » et de « fabriquées de toutes pièces » pour justifier son maintien en détention.

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Le militant, connu pour ses prises de position radicalement anti-néocoloniales et son opposition au franc CFA, soutient que les autorités béninoises auraient multiplié les procédures judiciaires à son encontre après le coup d’État du 7 décembre 2025 au Bénin. Selon lui, un second mandat d’arrêt international aurait été élaboré récemment afin de renforcer le dossier visant son extradition.

Une exfiltration qui tourne à l’arrestation

Dans son récit, Kemi Seba affirme avoir tenté de quitter discrètement l’Afrique du Sud après qu’un contact l’a informé qu’Interpol l’avait localisé dans le pays. Il dit avoir multiplié les démarches auprès de plusieurs relais internationaux avant d’obtenir, selon ses déclarations, l’appui de réseaux russes proches de l’idéologue Alexandre Douguine.

Selon sa version des faits, des intermédiaires ont ensuite organisé mi-avril 2026 une opération d’exfiltration vers le Zimbabwe, avec pour destination finale le Niger. Mais l’opération aurait rapidement tourné court. Kemi Seba raconte que des agents sud-africains l’ont interpellé avec son fils après une rencontre sur un parking à Pretoria.

Le militant soutient également que les services sud-africains surveillaient déjà les personnes chargées de l’escorter, ce qui aurait permis son arrestation. Il accuse en outre certains agents d’avoir manipulé des témoignages afin de consolider le dossier monté contre lui.

Des accusations lourdes contre Cotonou et Paris

Dans sa lettre, le président d’Urgences Panafricanistes accuse directement le gouvernement béninois du président Patrice Talon de vouloir « réduire au silence toute opposition ». Il critique également la politique française en Afrique et estime que Paris exercerait une influence déterminante dans cette affaire.

Le militant panafricaniste soutient par ailleurs que plusieurs membres de sa famille feraient l’objet de restrictions au Bénin, notamment des confiscations de passeports et des mesures de surveillance. Des accusations graves qui n’ont, à ce stade, fait l’objet d’aucune confirmation officielle indépendante.

Une figure controversée du panafricanisme contemporain

Figure médiatique du courant panafricaniste radical, Kemi Seba s’est imposé ces dernières années comme l’un des opposants les plus virulents à la présence française en Afrique. Ses campagnes contre le franc CFA et ses discours souverainistes lui ont valu une forte popularité auprès d’une partie de la jeunesse africaine, mais également de nombreuses controverses.

Dans cette nouvelle déclaration, le militant réaffirme son engagement politique et assure que sa détention renforcera son combat. « L’avenir va tous nous édifier », écrit-il, en conclusion d’un texte où se mêlent dénonciation politique, récit personnel et message adressé à ses partisans.

À ce stade, ni les autorités sud-africaines, ni le gouvernement béninois, ni les autorités françaises n’ont officiellement répondu en détail aux accusations formulées par Kemi Seba dans cette lettre.

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