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Natitingou : le BR divisé sur le choix du maire

Natitingou, 11 février 2026 — Ce qui devait être une simple formalité politique s’est transformé en révélateur de fractures internes.…

Natitingou, 11 février 2026 — Ce qui devait être une simple formalité politique s’est transformé en révélateur de fractures internes. Majoritaire au conseil communal après les élections du 11 janvier, le Bloc républicain (BR) n’est pas parvenu à désigner un candidat consensuel pour le poste de maire de Natitingou. Une impasse qui dépasse la seule rivalité locale et met en lumière les équilibres délicats d’un parti confronté à ses propres ambitions.

Une majorité arithmétique, mais pas politique

Sur le papier, le BR disposait d’un avantage décisif. Avec la majorité des sièges au conseil communal, la formation avait les moyens d’imposer rapidement un exécutif local. Le scénario attendu était classique : accorder les violons en interne, formaliser un procès-verbal, puis transmettre la proposition au Bureau exécutif national pour validation.

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Mais la majorité numérique ne garantit pas l’unité stratégique. À Natitingou, les discussions ont révélé une absence de leadership naturel capable de fédérer les différentes sensibilités du parti. Plusieurs conseillers ont affiché leur volonté d’accéder au fauteuil de maire, transformant la recherche de consensus en épreuve de force.

Natitingou, un enjeu stratégique dans le septentrion

Troisième ville du nord Bénin, Natitingou occupe une position stratégique à la fois politique et économique. Carrefour administratif et touristique, la commune concentre des enjeux majeurs : développement urbain, attractivité, gestion des infrastructures et cohésion sociale.

Dans ce contexte, la mairie n’est pas qu’un poste honorifique. Elle représente un levier d’influence local important, notamment à l’approche des prochaines échéances nationales. Le contrôle de l’exécutif communal peut peser sur l’implantation territoriale du parti et sur la structuration de ses réseaux.

Rivalités internes et logique de clans

Selon des sources proches du dossier, les discussions ont rapidement quitté le terrain programmatique pour se cristalliser autour des personnes. Les ambitions individuelles, adossées à des soutiens internes parfois antagonistes, ont empêché l’émergence d’une candidature consensuelle.

Cette situation traduit un phénomène plus large : au sein des partis majoritaires, la compétition pour les positions locales peut fragiliser la cohésion nationale. Le BR, qui s’est construit sur une logique de rassemblement, doit désormais gérer des équilibres internes plus complexes, notamment dans les bastions stratégiques du nord.

Le rôle décisif de la direction nationale

Faute d’accord local, un procès-verbal mentionnant cinq candidatures a été établi et transmis au Bureau exécutif national. Ce dernier détient désormais la clé du dénouement.

L’intervention de la direction centrale pourrait permettre d’imposer un arbitrage et d’éviter un enlisement. Mais elle comporte aussi un risque : celui d’alimenter des frustrations si le choix final est perçu comme déconnecté des dynamiques locales.

Dans les formations politiques fortement structurées, ce type d’arbitrage constitue souvent un test d’autorité pour la hiérarchie nationale.

Un test pour la gouvernance locale

Au-delà des calculs partisans, la population de Natitingou attend la mise en place rapide d’un exécutif capable de répondre aux priorités locales : amélioration des infrastructures, gestion des marchés, emploi des jeunes, attractivité économique.

Le retard pris dans la désignation du maire pourrait fragiliser la dynamique administrative post-électorale. Il met également en lumière la nécessité pour les partis de concilier discipline interne et gestion des ambitions individuelles.

Une bataille loin d’être terminée

L’épisode actuel montre que la bataille pour la mairie de Natitingou dépasse la simple désignation d’un nom. Elle révèle les tensions inhérentes à toute majorité confrontée à la gestion du pouvoir local.

Dans les prochains jours, la décision du Bureau exécutif national sera déterminante. Elle dira si le Bloc républicain parvient à transformer sa majorité électorale en majorité cohérente, ou si les lignes de fracture observées à Natitingou annoncent des recompositions plus larges au sein du parti.

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