La réouverture de la frontière entre le Bénin et le Nigeria marque un tournant majeur pour le commerce régional en Afrique de l’Ouest. Fermé depuis plusieurs mois, le poste frontalier de Samiya, dans l’État nigérian de Kebbi, est de nouveau opérationnel, redonnant souffle au corridor logistique stratégique reliant le Nigeria, le Bénin et le Niger.
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Un soulagement pour les transporteurs et les opérateurs économiques
À Samiya, l’annonce a été accueillie avec soulagement. Plus de 1 600 camions, immobilisés parfois depuis des semaines, ont pu reprendre la route. Pour les transporteurs nigériens, béninois et nigérians, cette réouverture représente bien plus qu’un simple passage : elle conditionne l’approvisionnement de marchés entiers et la survie de nombreuses chaînes commerciales.
« C’est une délivrance. Les pertes étaient énormes », confie un chauffeur nigérien, heureux de voir son convoi enfin redémarrer vers Niamey.
Une décision concertée à l’échelle régionale
La réouverture de la frontière est le fruit d’une concertation entre les autorités du Nigeria, du Bénin et du Niger. Objectif affiché : fluidifier les échanges commerciaux, sécuriser les flux de marchandises et renforcer la coopération transfrontalière dans une zone stratégique pour l’économie sous-régionale.
Le corridor Bénin–Nigeria–Niger joue un rôle clé dans l’exportation de produits agricoles, de biens manufacturés et de denrées de première nécessité, notamment à destination du Niger, pays enclavé et fortement dépendant de ces axes logistiques.
Un enjeu économique et géopolitique
Au-delà de l’aspect commercial, cette réouverture intervient dans un contexte régional sensible, marqué par des tensions politiques et sécuritaires. Elle traduit la volonté des États concernés de préserver les échanges économiques, malgré les défis diplomatiques et sécuritaires.
Pour les acteurs économiques béninois, cette reprise du trafic est aussi une opportunité de consolider le rôle du Bénin comme plateforme logistique régionale, notamment à travers ses corridors routiers et portuaires.
Vers une normalisation durable des échanges ?
Si la circulation a repris, les autorités restent prudentes. Des mécanismes de suivi et de contrôle renforcés ont été annoncés afin d’éviter toute perturbation future. Les transporteurs, eux, espèrent que cette réouverture marquera le début d’une normalisation durable des échanges entre les trois pays.
En attendant, à Samiya, les moteurs tournent à nouveau, symbole d’un commerce régional qui tente de reprendre son rythme.



