Parakou, 13 janvier 2026 — À Parakou, le thermomètre grimpe, mais c’est une tout autre fièvre qui s’empare de l’université. À seulement dix jours de la clôture officielle des inscriptions, fixée au 23 janvier, l’ambiance est électrique au sein de la Faculté des Lettres, Arts et Sciences Humaines (FLASH). Ce qui devait être une simple formalité administrative s’est transformé en un véritable parcours du combattant pour des centaines d’étudiants, aujourd’hui plongés dans une incertitude totale quant à leur avenir immédiat.
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Le mur de la salle 19
Le point de friction cristallise toutes les attentions : la salle 19. C’est ici que le système de gestion des inscriptions semble avoir marqué le pas. Depuis plusieurs semaines, des vagues d’étudiants se succèdent devant cette porte, l’espoir d’obtenir la précieuse fiche de préinscription en bandoulière, pour repartir, le plus souvent, les mains vides. Sans ce document, impossible de valider son année ou de prétendre aux allocations universitaires, le nerf de la guerre pour beaucoup d’entre eux.
Des résultats qui « bégayent »
Plus inquiétant encore que l’attente, certains étudiants qui ont réussi à mettre la main sur le document font face à une anomalie kafkaïenne. Des apprenants ayant officiellement validé leurs matières se retrouvent inscrits comme « redoublants » sur les registres numériques.
Devant la salle 19, une étudiante en Lettres Modernes ne cache pas son désespoir : « J’ai validé mes 10 matières. Selon les résultats affichés, je devais passer en année supérieure. Pourtant, ma fiche indique toujours que je suis en L1. C’est incompréhensible. » Ce décalage entre les résultats pédagogiques réels et les données du système informatique laisse craindre un dysfonctionnement technique majeur ou, pire, un manque de rigueur dans la saisie des données au niveau du décanat.
La course contre la montre
Le Bureau d’Union d’Entité (BUE-FLASH) tente de monter au créneau, mais se heurte, pour l’heure, à une forme d’inertie. « Mon bureau et moi sommes déjà allés voir le Vice-Doyen pour exposer la situation, mais pas de suite pour l’instant », déplore Bienvenu Gbemou, président du BUE-FLASH.
À moins de deux semaines de la date butoir, deux hypothèses circulent dans les couloirs : un bug informatique persistant au niveau de la plateforme de gestion ou une erreur de coordination entre les services pédagogiques et le service de scolarité. Quelle qu’en soit la cause, les conséquences sont les mêmes : une menace directe sur la validité de l’année académique et sur le versement des bourses.
L’urgence d’une réponse institutionnelle
Le silence des autorités universitaires commence à peser lourd. Pour la communauté estudiantine de Parakou, l’heure n’est plus aux explications techniques, mais aux solutions d’urgence. Il serait inadmissible que le mérite académique de ces jeunes soit sacrifié sur l’autel d’une défaillance administrative.
Si les autorités n’agissent pas avant le 23 janvier, la FLASH risque de traverser une crise de confiance sans précédent. De leur côté, les étudiants n’ont qu’une seule exigence : que les logiciels de l’administration reconnaissent enfin la vérité de leurs notes affichées sur les tableaux.



