Cotonou, 20 janvier 2026 – Alors que les lueurs de l’aube se lèvent sur une capitale encore plongée dans les analyses post-électorales, le visage de la future Assemblée nationale du Bénin se précise de manière spectaculaire. Neuf jours après les législatives du 11 janvier 2026, l’heure est au bilan d’une recomposition politique majeure. Si la victoire de la mouvance présidentielle est désormais actée, un phénomène retient particulièrement l’attention des observateurs : l’entrée massive de l’exécutif au sein du législatif.

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Le Palais de la Marina s’invite au Parlement
C’est un fait rare qui souligne l’ampleur du raz-de-marée en faveur du président Patrice Talon : quatre membres influents de son gouvernement actuel ont réussi le pari des urnes et s’apprêtent à troquer leur portefeuille ministériel pour un siège de député. Ce basculement stratégique redessine les contours du pouvoir, renforçant la cohésion entre les deux têtes de l’État.
Au cœur de cette offensive électorale, la 13ᵉ circonscription a servi de bastion victorieux à un poids lourd du régime. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé de la coordination de l’action gouvernementale, y a conduit la liste avec succès. Il ne sera pas seul dans cette zone, puisqu’il partage ce triomphe avec Assouma Alimatou Shadya, actuelle ministre de l’Industrie et du Commerce, également élue députée par les populations locales.
Une percée gouvernementale sur tout le territoire
Le succès de l’exécutif ne s’est pas limité à une seule région. Dans la 10ᵉ circonscription, les électeurs ont accordé leur confiance à Yayi Eléonore, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Son élection confirme l’ancrage de la majorité dans les milieux académiques et intellectuels du pays.
Enfin, le secteur de la culture n’est pas en reste. Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a brillamment validé son ticket pour l’Assemblée nationale à l’issue du vote dans la 22ᵉ circonscription.

Un défi de pluralisme
Cette situation inédite, où quatre ministres en exercice intègrent simultanément le Parlement, pose la question de l’équilibre des pouvoirs dans le Bénin de 2026. Avec une Assemblée désormais dominée par les figures de proue de la mouvance présidentielle, le contrôle de l’action gouvernementale prendra une forme nouvelle, presque familiale.
Alors que les résultats définitifs consacrent un Parlement largement acquis à la cause du pouvoir en place, l’opinion publique s’interroge désormais sur l’ampleur du futur remaniement ministériel. Les sièges laissés vacants au gouvernement devront être pourvus, ouvrant un nouveau chapitre de la gouvernance de Patrice Talon à l’aube de cette législature de sept ans.



