Depuis ce lundi 2 février 2026, la capitale économique du Bénin accueille un atelier régional de haute importance. Des experts judiciaires de six pays africains se réunissent pour muscler leur stratégie contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Un enjeu de sécurité nationale pour des États confrontés à une criminalité financière de plus en plus sophistiquée.
C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Azalaï de Cotonou que les travaux ont débuté. Jusqu’au mercredi 4 février, des magistrats et des acteurs institutionnels venus du Sénégal, du Tchad, de la Guinée, de la Mauritanie, de la Côte d’Ivoire et bien sûr du Bénin, planchent sur les failles des systèmes financiers sous-régionaux.
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Traquer l’argent sale pour étouffer le terrorisme
L’objectif de cette rencontre, organisée par le ministère béninois de la Justice, est limpide : tarir les sources de revenus des réseaux criminels. Pendant trois jours, les participants décortiquent les mécanismes de détection, de poursuite, mais surtout de saisie et de confiscation des avoirs criminels.
Pour Innocentia Apovo Monteiro, directrice du Bureau de la coopération et de l’entraide judiciaires (BCEJ), il n’y a plus de temps à perdre. Ces menaces, a-t-elle rappelé lors de son mot de bienvenue, ébranlent la stabilité économique et la paix sociale des États. Face à une criminalité transnationale organisée, la réponse ne peut être qu’internationale et coordonnée.

Le Bénin, fer de lance de l’entraide judiciaire
D’ailleurs, cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au Bureau de l’entraide pénale internationale (BEPI), une initiative pilotée par Expertise France. En accueillant ces assises, le Bénin réaffirme aussi son rôle stratégique de plateforme régionale pour la sécurité financière.
Lors de l’ouverture officielle, Florentin Gbodou, directeur de cabinet du Garde des Sceaux, a souligné l’engagement ferme du gouvernement béninois. Il a notamment mis en avant le rôle pivot du BCEJ dans l’échange d’informations entre les autorités compétentes. L’idée est de passer des intentions aux actes en formulant des recommandations concrètes et adaptées aux réalités de chaque pays.

Un cadre de réflexion pour des résultats pragmatiques
Au-delà des discours, cette rencontre se veut un laboratoire de bonnes pratiques. Les experts espèrent également que ce partage d’expériences renforcera durablement l’efficacité des dispositifs nationaux. En renforçant la coopération judiciaire, les pays de la sous-région espèrent dresser un rempart solide contre ceux qui utilisent les circuits financiers pour déstabiliser le Sahel et l’Afrique de l’Ouest.



