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Bénin : 2 morts lors d’une cérémonie Egungun à Tori-Bossito

Ce qui devait être une communion sacrée s'est transformé en cauchemar. À Tori-Bossito, dans le sud du Bénin, la sortie…

Ce qui devait être une communion sacrée s’est transformé en cauchemar. À Tori-Bossito, dans le sud du Bénin, la sortie rituelle des revenants Egungun a dégénéré, le dimanche 1ᵉʳ février. Le bilan est lourd : deux morts et plusieurs blessés. Un drame qui relance le débat sur l’encadrement des pratiques culturelles dans l’espace public.

 

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Le village d’Acadjamè, dans l’arrondissement de Tori-Gare, s’est réveillé dans la stupeur. Hier, les percussions et les chants en l’honneur des ancêtres ont laissé place aux cris de panique. Alors que la communauté célèbre la sortie des Egungun — ces entités masquées censées représenter les esprits des défunts revenus bénir les vivants —, une altercation a brisé la ferveur religieuse.

 

De la bénédiction au chaos : le récit du drame

Selon plusieurs témoins oculaires, la tension est montée d’un cran lorsqu’une violente dispute a éclaté entre le « revenant » (le porteur de masque) et certains membres du public. Très vite, la situation a échappé à tout contrôle. Dans la bousculade, des armes blanches ont été sorties. Les autorités ont d’ailleurs retrouvé un couteau sur les lieux du crime.

Les coups, portés avec une violence rare, ont touché plusieurs personnes, dont des guides du revenant. Malgré l’intervention des secours, deux personnes ont succombé à leurs blessures. Ce drame plonge les familles yoruba et toute la commune de Tori-Bossito dans une profonde consternation, là où la tradition prône habituellement la cohésion sociale et la discipline morale.

 

Un appel urgent à la régulation des cérémonies sensibles

Ce nouvel incident repose avec acuité la question de la sécurité lors des manifestations traditionnelles à caractère sensible. Si la Constitution béninoise garantit la liberté de culte, de nombreuses voix réclament désormais un cadre réglementaire plus strict.

Le gouvernement du Bénin est dorénavant interpellé pour renforcer le cadre des manifestations culturelles. L’enjeu est d’éviter que ces moments de ferveur ne servent de paravent à des règlements de comptes ou à des actes de violence incontrôlés. La question n’est pas de remettre en cause l’héritage ancestral, mais de s’assurer que « la tradition ne soit plus instrumentalisée », expliquent certains observateurs locaux.

 

Responsabilité des chefs de culte et action de la justice

Parallèlement à l’action de l’État, une lourde responsabilité pèse sur les dignitaires et chefs de culte. Obtenir l’autorisation de faire sortir un Egungun engage la responsabilité morale et spirituelle du chef de couvent. La tradition authentique, rappellent les anciens, enseigne la retenue et le respect de la vie humaine.

La justice a d’ores et déjà été saisie de l’affaire. Le procureur de la République près du tribunal de Ouidah devrait diligenter une enquête rigoureuse pour identifier les auteurs et les coauteurs de cette tragédie. Des sanctions exemplaires sont attendues par la population afin de restaurer la crédibilité de la culture Egungun, aujourd’hui entachée par ce sang versé injustement.

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