Dans la soirée du 11 février 2026, l’arrondissement de Godomey, en périphérie de Cotonou, a été le théâtre d’une vaste opération de contrôle menée par la Police républicaine. Baptisée « Nuit Blanche », l’intervention s’inscrit dans une stratégie de renforcement de la sécurité et de lutte contre les activités jugées illicites.
Dès 18 heures, les unités mobilisées au commissariat de Godomey ont pris position. L’objectif affiché : quadriller les zones considérées comme sensibles et procéder à des vérifications d’identité systématiques.
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Des quartiers ciblés
Les premières opérations ont visé Cococodji et Cocotomey, deux secteurs régulièrement cités dans les rapports sécuritaires. Les forces de l’ordre ont multiplié les contrôles dans des lieux identifiés comme points de regroupement nocturne.
Au terme de cette première phase, 15 personnes ont été interpellées. Mais c’est surtout entre 23 heures et l’aube que l’opération a pris de l’ampleur. Les patrouilles ont parcouru les principales artères, élargissant les vérifications à toute personne jugée en situation irrégulière.
Un bilan chiffré, une réalité sociale
Au petit matin, le décompte faisait état de 63 interpellations. Parmi elles, 38 travailleuses du sexe, selon les autorités. Ce chiffre met en lumière une réalité souvent reléguée à la marge : l’importance de l’économie informelle nocturne dans certaines zones urbaines du Bénin.
Si la police invoque la nécessité de restaurer l’ordre public, ces opérations soulèvent également des interrogations sur la prise en charge sociale des personnes concernées. Entre impératif sécuritaire et vulnérabilité économique, la frontière est parfois ténue.
Sécurité et gouvernance urbaine
L’opération « Nuit Blanche » illustre la volonté des autorités béninoises de renforcer la présence policière dans les zones périurbaines. À l’heure où les grandes agglomérations ouest-africaines connaissent une croissance rapide, la gestion des activités nocturnes devient un enjeu de gouvernance.
Reste à savoir si ces actions ponctuelles suffiront à répondre aux défis structurels que posent chômage, précarité et informalité. Car derrière les statistiques d’interpellations se dessine une question plus large : comment concilier sécurité publique et accompagnement social dans des espaces urbains en mutation ?



