En marge de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, le Bénin et le Zimbabwe ont signé, le 23 septembre 2026, un accord d’exemption de visa.
L’accord d’exemption mutuelle de visas conclu entre Cotonou et Harare marque une nouvelle étape dans l’agenda diplomatique du président Romuald Wadagni. Signé par la cheffe de la diplomatie béninoise, Corinne Amori Brunet, et son homologue zimbabwéen, le professeur Amon Murwira, ce protocole supprime les formalités d’entrée pour l’ensemble des ressortissants des deux pays, qu’ils détiennent un passeport diplomatique ou ordinaire.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Si l’exécutif salue une avancée concrète vers l’intégration continentale, l’impact direct de cette mesure sur le quotidien des citoyens et sur l’économie locale suscite des questions légitimes.
Des opportunités ciblées pour les opérateurs économiques
Sur le plan commercial, la suppression du visa simplifie la mobilité des hommes d’affaires, des exportateurs et des entrepreneurs béninois. Le Zimbabwe, doté d’un secteur agricole développé et de ressources minières majeures, offre de nouveaux débouchés pour les entreprises en quête de partenariats en Afrique australe.
Cette ouverture bilatérale réduit les coûts administratifs et les délais de prospection. Pour autant, l’absence de liaisons aériennes directes entre Cotonou et Harare constitue un frein logistique majeur : la cherté des billets d’avion et la durée des transits limitent pour l’instant ces opportunités aux structures disposant d’un fonds de roulement suffisant.
Tourisme et université : des mobilités à construire
Pour le citoyen moyen, en revanche, l’impact reste conditionné à la création de passerelles concrètes. Le secteur touristique béninois pourrait attirer des visiteurs zimbabwéens curieux de découvrir le patrimoine culturel de la côte ouest-africaine, tandis que les sites d’Afrique australe deviennent plus accessibles aux voyageurs béninois.
Dans le domaine académique, cet accord facilite le montage de programmes d’échanges universitaires et de stages professionnels. Les étudiants et chercheurs béninois bénéficient d’un accès simplifié aux institutions de recherche zimbabwéennes, notamment dans les filières agricoles et de gestion des ressources naturelles, sans la contrainte des démarches de visa.
Le défi de la mise en œuvre pratique
L’efficacité de cette mesure dépendra de la capacité des deux États à transformer la levée des barrières administratives en flux économiques réels. Sans accords complémentaires pour stimuler les liaisons logistiques et encourager les forums d’affaires sectoriels, la portée de cette exemption risque d’être confinée aux représentations officielles et aux élites économiques.
L’initiative démontre, néanmoins, la volonté de Cotonou de diversifier ses alliances stratégiques au-delà du pré carré traditionnel de l’Afrique de l’Ouest. En somme, reste maintenant à traduire cette ouverture diplomatique en opportunités tangibles : sans liaisons aériennes abordables, sans programmes d’échanges concrets et sans appui aux PME, l’accord Bénin–Zimbabwe risque de rester une belle déclaration d’intention, plus qu’un levier réel de développement pour les citoyens et les entreprises des deux pays.



