En Libye, le pétrole et le gaz ne sont plus seulement des ressources de survie, mais redeviendraient le moteur d’une ambition retrouvée. À Tripoli, le Sommet sur l’énergie et l’économie (LEES 2026) s’est achevé sur un constat partagé par les experts : le pays est de retour sur le devant de la scène énergétique mondiale. Un renouveau salué avec enthousiasme par la Chambre africaine de l’énergie (CAE).
C’est un chiffre qui parle de lui-même : 1,375 million de barils par jour. La Libye affiche ses meilleures performances depuis des années. Mais au-delà des barils, c’est une enveloppe de 20 milliards de dollars d’investissements qui est désormais sur la table pour stabiliser la production et moderniser des infrastructures souvent vieillissantes.
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Le gaz, pilier de la souveraineté
Pour NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, ce redressement est une victoire pour tout le continent. Tripoli ne mise plus uniquement sur l’exportation brute, mais sur la valorisation de son gaz. L’objectif est d’atteindre 750 millions de pieds cubes par jour pour alimenter ses propres centrales électriques, mettre fin aux coupures chroniques qui pèsent sur le quotidien des Libyens et soutenir l’industrialisation locale.
Une ambition panafricaine
Mais le message envoyé depuis Tripoli est aussi diplomatique. En se positionnant comme un fournisseur fiable pour la Méditerranée, la Libye veut servir de modèle de coopération transfrontalière en Afrique du Nord. « L’avenir énergétique de l’Afrique se construira grâce au pragmatisme et aux partenariats », martèle NJ Ayuk.
Défis écologiques et sociaux
Pourtant, le chemin reste semé d’embûches. Pour pérenniser ces gains, la Chambre africaine de l’énergie insiste sur deux points cruciaux : la fin du torchage du gaz, pour répondre aux enjeux climatiques, et la formation de la main-d’œuvre locale. Car l’enjeu est là : transformer la rente pétrolière en emplois durables pour une jeunesse libyenne en quête de stabilité.



