Paul Hounkpè choisit l’environnement comme champ de bataille. En pleine phase terminale de la campagne, le candidat FCBE a dressé le lundi 6 avril un réquisitoire sévère contre la gestion du littoral et des inondations, accusant le pouvoir d’aveuglement.
Le diagnostic d’un « État défaillant »
Pour Paul Hounkpè et son colistier Rock Hounwanou, le Bénin ne subit pas une fatalité naturelle mais un déficit d’État. Dans un message solennel aux accents de manifeste, le candidat de l’opposition fustige une gouvernance improvisée : exploitation anarchique des forêts, recul inquiétant du trait de côte, villes asphyxiées faute de drainage digne de ce nom. Il dénonce aussi une pollution silencieuse qui dégrade l’air, les sols et les eaux.
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Selon l’état-major FCBE, chaque inondation révèle un renoncement du pouvoir. Hounkpè accuse l’exécutif de tolérer l’illégalité là où il devrait imposer la loi.
Le contrat vert des Cauris : « Gouverner, c’est prévoir »
Face à une “gestion fragmentée”, Paul Hounkpè appelle à une République écologique responsable. Son programme repose sur cinq piliers : reboisement massif, bouclier côtier, drainage urbain, fin de l’occupation des exutoires naturels avec relogement digne, et infrastructures d’assainissement de pointe. Le candidat promet également de faire respecter les textes existants, « sans faiblesse ni complaisance », pour restaurer l’autorité de l’État. Pour lui, l’heure n’est plus au constat mais à l’action d’un État stratégique, capable d’anticiper les crises au lieu de les subir.
Un duel de méthodes à l’approche du 12 avril
Cette sortie marque un tournant pour la FCBE. En plaçant la dignité et le cadre de vie au cœur du débat, Paul Hounkpè vise les électeurs urbains et côtiers, les plus exposés aux désordres climatiques. Il oppose aussi sa rigueur anticipatrice à ce qu’il dénonce comme l’improvisation du camp adverse.
Gouverner, ce n’est pas subir. Gouverner, c’est prévoir. Gouverner, ce n’est pas constater. Gouverner, c’est agir », martèle-t-il.
L’écologie, nouveau curseur électoral ?
En faisant de l’environnement le pilier de sa fin de campagne, Paul Hounkpè réussit un pari audacieux : politiser l’écologie au-delà des cercles d’experts. Il ne parle pas de climat abstrait, mais de survie quotidienne face aux eaux qui montent.
À l’approche du scrutin du 12 avril, il invite les Béninois à choisir entre la continuité d’un système qu’il juge dépassé et une nouvelle ère de responsabilité publique. Pour clore son propos, il martèle une série de slogans : « Refusons la fatalité. Refusons l’improvisation. Choisissons la rigueur. Choisissons l’avenir. Ensemble, relevons le Bénin.
Si son appel à une “République protectrice” résonne dans les quartiers inondables de Cotonou ou d’Abomey-Calavi, le vote pourrait bien se jouer sur une promesse fondamentale : un toit au sec pour chaque foyer. Ainsi, dans les urnes, le 12 avril dira si l’écologie peut, au Bénin, cesser d’être un constat pour devenir un mandat.



