Le président du Conseil des investisseurs privés du Bénin (CIPB), Roland Riboux, a porté devant le président de l’Assemblée nationale, Joseph Fifamin Djogbénou, une série de priorités qu’il juge décisives pour l’avenir du pays. Au-delà d’une rencontre institutionnelle, l’échange a remis au centre du débat quatre chantiers : la nutrition des enfants, l’alphabétisation, la formation citoyenne et l’énergie nucléaire.
Une contribution patronale au débat de long terme
Reçu mercredi 7 octobre au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, Roland Riboux a présenté des réflexions élaborées par le CIPB autour de la vision nationale « Bénin 2060 Alafia ». Cette feuille de route ambitionne de projeter le pays vers un horizon de paix, de prospérité, de bonne gouvernance et de bien-être partagé.
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Le CIPB ne se limite pas à un rôle de représentation des entreprises. Créée en 2002, l’organisation rassemble aujourd’hui environ 60 grandes sociétés opérant dans plusieurs secteurs et cherche à influencer les orientations économiques, fiscales et sociales du pays. Cette année, elle travaille sur des propositions destinées à nourrir le programme d’action du gouvernement.
Zéro malnutrition infantile comme ligne de départ
Le premier message porté à la présidence de l’Assemblée est qu’aucun projet de développement ne peut produire ses effets si une partie des enfants grandit avec des carences alimentaires. Roland Riboux plaide ainsi pour un objectif de réduction radicale, voire d’élimination, de la malnutrition infantile dans les prochaines années.
Cette orientation déplace le débat économique vers le capital humain. Elle suppose de renforcer l’accès à une alimentation suffisante et diversifiée, mais également de mieux coordonner les politiques de santé, d’agriculture, d’éducation et de protection sociale.
Lire, comprendre et participer
Le dirigeant du CIPB a également insisté sur l’analphabétisme, qu’il présente comme un frein à l’autonomie économique et à la participation citoyenne. Sa proposition ne vise pas seulement l’enseignement scolaire : elle défend le développement rapide de la lecture fonctionnelle auprès des adultes, afin de permettre à chacun de comprendre un document, une consigne, un contrat ou une information publique.
Roland Riboux veut aussi réinstaller l’instruction civique et morale au cœur du secondaire. Pour le secteur privé, cette matière doit contribuer à former des citoyens capables de connaître leurs droits, d’assumer leurs devoirs et de participer plus sereinement à la vie collective.
Le nucléaire, une piste à examiner
Enfin, le président du CIPB a évoqué l’énergie nucléaire comme une option de long terme pour l’Afrique. Son argument repose sur les incertitudes liées aux énergies fossiles, notamment la volatilité attendue des prix du pétrole et du gaz.
L’idée ouvre toutefois un débat beaucoup plus vaste. Un programme nucléaire exige des investissements considérables, une expertise technique durable, une gouvernance rigoureuse, des garanties de sûreté et une planification sur plusieurs décennies. À ce stade, les propos rapportés relèvent d’une orientation stratégique proposée au débat, non de l’annonce d’un projet nucléaire béninois.
Ce qu’il faut retenir
La rencontre n’a débouché sur aucune décision législative ni sur un engagement financier annoncé. Elle a surtout permis au patronat organisé de soumettre au Parlement une vision du développement qui place la qualité de la population — alimentation, instruction et civisme — au même niveau que les infrastructures et la croissance économique.
Le signal politique est clair : pour atteindre l’ambition d’« Alafia 2060 », le CIPB estime que le Bénin devra commencer par résoudre des vulnérabilités sociales immédiates, tout en préparant dès maintenant ses choix énergétiques et économiques de long terme.



