Longtemps resté un luxe pour de nombreux foyers, l’accès à l’eau potable est devenu en une décennie le chantier phare du gouvernement béninois. À l’heure du bilan du Programme d’Action du Gouvernement (PAG 2016-2026), les chiffres témoignent d’une métamorphose sans précédent, des quartiers d’Akpakpa aux collines de Savè.
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Ce qui était autrefois une corvée épuisante pour les femmes et les enfants — parcourir des kilomètres pour une eau souvent insalubre — est en train de devenir un souvenir lointain. En effet, dans un documentaire intitulé « PAG 2016-2026, de l’eau potable pour un nouveau Bénin », les autorités dressent un constat sans appel : le pays a changé d’ère.
Une explosion de la couverture nationale
En 2016, à peine la moitié des citadins béninois disposaient d’un accès fiable à l’eau. Aujourd’hui, le taux de couverture en zone urbaine a bondi à 84 %. Mais c’est dans l’arrière-pays que le progrès est le plus saisissant : 77 % des zones rurales sont désormais raccordées, notamment drastiquement les maladies hydriques et la précarité.
L’ambition ne s’arrête pas là. Niamey, Cotonou et les autres capitales régionales visent désormais le « 100 % d’accès » d’ici 2030, conformément aux objectifs de développement durable.
Des chantiers titanesques pour étancher la soif
Pour réussir ce pari, le gouvernement a dû sortir les grands moyens, mobilisant plus de 434 milliards de FCFA pour les seules infrastructures urbaines.
- À Cotonou et Abomey-Calavi : il a enterré plus de 350 kilomètres de tuyaux pour acheminer 121 000 m³ d’eau chaque jour.
- Dans les Collines : par ailleurs, le barrage d’Ayedoko, avec ses 2 millions de mètres cubes, a mis fin aux pénuries chroniques qui frappaient Savè, Dassa-Zoumé et Glazoué.
- À Parakou : L’extension du réseau impacte désormais un demi-million de nouveaux habitants.
- Le « sauvetage » d’Akpakpa : pour corriger une injustice historique, l’État a aussi injecté en urgence 17 milliards de FCFA afin de construire une usine capable de produire 1 000 m³ par heure.
L’eau pour tous, mais surtout à quel prix ?
Le défi n’était pas seulement technique, il était aussi financier pour le consommateur. Ainsi, le gouvernement a baissé les prix pour rendre le précieux liquide accessible aux bourses les plus modestes. Le coût de l’installation du compteur a été ramené à 10 000 FCFA, une révolution pour les familles à bas revenus. En milieu rural, la « bassine » est passée de prix prohibitifs pratiqués par des revendeurs privés à un tarif social de 15 FCFA.
« Ce n’est plus seulement de l’eau qui coule, c’est de la dignité que l’on rétablit dans chaque foyer », témoigne un habitant de Savè.
L’investissement de la décennie
Entre 2016 et 2025, le gouvernement béninois a injecté des sommes colossales dans le secteur de l’eau. En ajoutant les investissements en milieu rural, le pays signe son projet social le plus ambitieux de la décennie. Mais au-delà des chiffres, cette politique change le quotidien : les Béninois passent moins de temps aux puits et consacrent davantage de temps à l’école et au développement économique.
Ce qu’il faut retenir de cette transformation (2016-2026) :
En dix ans, le Bénin n’a pas seulement construit des barrages et enterré des kilomètres de tuyaux : il a transformé la vie quotidienne. Le taux d’accès à l’eau potable est passé de 50 % à 84 % en zone urbaine et atteint désormais 77 % en milieu rural.
Les familles paient désormais la bassine 15 FCFA et le compteur 10 000 FCFA, tandis que l’État a investi plus de 434 milliards de FCFA dans les infrastructures. Moins de temps perdu aux puits, plus de temps pour l’école et l’économie : l’eau potable, longtemps perçue comme un luxe, est devenue le symbole d’un pays qui choisit de bâtir sa dignité à la source.



