Depuis le 4 mai 2026, la Commission Électorale Nationale Autonome (CENA) mène une vaste opération de tri et de reconditionnement de son matériel post‑électoral. Dans les entrepôts de Cotonou, ses agents inspectent, classent et stockent lampes torches, marqueurs indélébiles, cachets de vote, rideaux d’isoloirs et chasubles orangées. Pendant dix jours, ils travaillent avec minutie pour atteindre un objectif clair : réduire le coût des prochains scrutins.

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Rationaliser pour économiser
La Direction du matériel et des opérations supervise le processus. Les équipes regroupent les articles par catégorie, évaluent leur état, écartent ceux qui sont inutilisables et réservent ceux qui peuvent encore servir. Ainsi, chaque objet sauvé préserve de l’argent public. Dans un pays où les élections législatives, communales et présidentielles mobilisent des budgets conséquents, la réutilisation des équipements permet de réaliser des économies substantielles.

Mutualiser les ressources
La CENA ne limite pas son ambition à ses propres besoins. Au contraire, elle prévoit de mettre une partie du matériel excédentaire à disposition d’autres institutions publiques, comme la Chambre de Commerce et d’Industrie du Bénin (CCIB), la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) ou le ministère du Cadre de vie. En recyclant et en partageant ses ressources, elle s’inscrit dans une logique de mutualisation qui répond à un contexte budgétaire tendu et incite chaque administration à optimiser ses dépenses.

Professionnaliser la gestion électorale
Depuis sa création en 1994, la CENA renforce progressivement ses capacités logistiques. En conséquence, en institutionnalisant des procédures post‑électorales standardisées, comme cette opération de tri, elle démontre une montée en compétence saluée par les observateurs internationaux. Par ailleurs, dans une Afrique où les contestations électorales naissent souvent de défaillances matérielles, l’exemple béninois attire l’attention.

En recyclant son matériel plutôt qu’en le renouvelant systématiquement, la CENA affirme que la démocratie a un coût, mais que ce coût peut être maîtrisé. En somme, pendant dix jours, ses agents ne se contentent pas de trier des stylos et des chasubles : ils consolident, par la rigueur quotidienne, les fondements matériels d’une démocratie qui veut durer.



