À Cotonou, dans l’enceinte du ministère de la Santé, la scène aurait pu passer pour une simple cérémonie protocolaire. Pourtant, derrière la remise officielle de kits de maternité, mercredi 18 février 2026, se dessine une stratégie plus large : celle d’un partenariat sécuritaire qui s’étend désormais au champ social.
Un important lot de matériel destiné aux femmes enceintes a été remis aux autorités béninoises par un détachement militaire américain conduit par le commandant Nathaniel Berger. La réception officielle s’est faite au nom du ministre délégué chargé de la Défense nationale, Fortunet Alain Nouatin, et du ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin.
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Au-delà du geste symbolique, cette initiative s’inscrit dans un contexte marqué par l’insécurité persistante dans le nord du pays et par la nécessité de renforcer les services sociaux de base.

Sécurité et santé, un même terrain d’intervention
Depuis plusieurs années, le Bénin fait face à la menace de groupes armés actifs dans les zones frontalières septentrionales. Les Forces Armées Béninoises collaborent étroitement avec des partenaires internationaux, dont les États-Unis, pour sécuriser ces territoires.
Mais la réponse ne se limite plus aux opérations militaires. Elle inclut désormais des actions dites « civilo-militaires » : consultations médicales gratuites, campagnes de dépistage, forages d’eau potable ou encore soutien aux écoles.
Le colonel-major Idjouola Tétédé, directeur de la Participation des Armées au Développement et aux Tâches d’Intérêt Public, a rappelé que ce don de kits de maternité s’inscrit dans cette logique globale. Sur le terrain, les équipes américaines ont constaté les difficultés rencontrées par les femmes enceintes dans les zones isolées : éloignement des centres de santé, manque d’équipements, conditions précaires d’accouchement.

Des kits conçus au Bénin pour répondre à une urgence locale
Les kits remis sont fabriqués localement. Ils comprennent le matériel essentiel pour assurer un accouchement dans des conditions d’hygiène et de sécurité minimales. Une précision qui souligne aussi une volonté d’ancrer l’initiative dans le tissu économique national.
Pour Agnès Vissoh Ayadji, secrétaire générale adjointe du ministère de la Santé, ce soutien arrive à un moment crucial. La réduction de la mortalité maternelle et infantile demeure un défi majeur pour le système de santé béninois, notamment dans les départements éloignés où l’accès aux soins reste fragile.
Chaque kit représente, concrètement, une chance supplémentaire pour une mère et son enfant.

Une coopération qui dépasse le cadre militaire
Ce geste humanitaire illustre la solidité des relations entre Cotonou et Washington. La coopération entre les deux pays, historiquement centrée sur la sécurité et la formation militaire, s’élargit progressivement à des domaines plus sociaux.
Cette évolution n’est pas anodine. Elle traduit une approche intégrée de la stabilité : renforcer la sécurité tout en améliorant les conditions de vie des populations. Car dans les zones affectées par l’insécurité, l’accès aux soins constitue aussi un facteur de résilience.
Reste à mesurer l’impact concret de ces actions sur le long terme. Si ces kits permettent d’améliorer les conditions d’accouchement dans les régions reculées, ils pourraient contribuer à consolider non seulement la santé publique, mais aussi la confiance entre l’État et les citoyens.
Dans un pays confronté à des défis sécuritaires et sociaux simultanés, la santé maternelle apparaît ainsi comme un terrain stratégique où diplomatie, défense et développement se rejoignent.



