À Porto-Novo, l’étau se desserre autour de la comédienne Aurélie Guézo. Poursuivie pour une présumée escroquerie via internet, l’actrice de la troupe « Sèmako » a vu le ministère public demander sa détention ce jeudi 26 mars 2026. Entre failles numériques et doutes judiciaires, le parquet spécial de la CRIET semble privilégier la prudence.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
C’est un dossier qui tenait en haleine les fans de « Pipi Wobaho » et d’« Éléphant Mouillé ». Aurélie Guézo, figure familière du théâtre populaire béninois, entrevoit enfin le bout du tunnel judiciaire. Après des mois d’une procédure éprouvante, le représentant du parquet spécial a surpris l’auditoire en demandant une relaxe au bénéfice du doute.
Le piège de la carte SIM ?
Au cœur de cette affaire se trouve une problématique de plus en plus fréquente au Bénin : la responsabilité liée à l’enregistrement des cartes SIM. L’enquête, pilotée par le Centre national d’investigations numériques (CNIN), avait remonté la trace d’un numéro de téléphone impliqué dans une fraude ciblant une institution publique. Le hic est que ce numéro était enregistré au nom de la comédienne.
Cependant, lors de l’audience, la solidité des preuves a vacillé. Le signal est sans équivoque : le parquet estime désormais que les charges sont insuffisantes pour établir une culpabilité certaine.
« Parrainer une ligne téléphonique ne fait pas de vous, d’office, un cybercriminel », semble admettre à demi-mot l’accusation.
Une défense misant sur le « profil réel »
Pour Me Omer Tchiakpé, l’avocat de la défense, sa cliente est une victime collatérale d’un système qui la dépasse. Plaidant pour une relaxe pure et simple, le conseil a insisté sur un argument de poids : le décalage entre le niveau d’instruction de l’actrice et la sophistication technique nécessaire pour orchestrer une telle escroquerie en ligne.
En plus de l’abandon des poursuites, la défense exige la restitution de la caution de 500 000 FCFA versée en janvier dernier pour sa mise en liberté provisoire. Pour elle, Aurélie Guézo n’est qu’un nom associé à une fraude dont les véritables auteurs courent toujours dans l’ombre du web.
Un verdict attendu pour la fin avril
Bien que les réquisitions du parquet soient favorables à la prévenue, le dernier mot revient aux juges de la CRIET. La cour a mis le dossier en délibéré et rendra sa décision finale le 30 avril 2026.
Ce procès repose sur la question de la sécurité des données personnelles au Bénin. À l’heure où la lutte contre la cybercriminalité s’intensifie, cette affaire rappelle que la justice, même sous la pression de la répression numérique, sait faire preuve de discernement lorsque l’incertitude plane.
Au-delà du cas Aurélie Guézo, cette affaire met aussi en lumière les risques liés au parrainage et à l’enregistrement des cartes SIM. Avant de prêter votre nom ou vos documents pour un parrainage, assurez-vous de connaître les implications légales et de protéger vos données personnelles. La vigilance reste la meilleure protection pour éviter d’être associé, malgré vous, à des pratiques frauduleuses.




