À moins de trois semaines du coup d’envoi de la campagne présidentielle, le principal parti d’opposition au Bénin vacille. La démission surprise du leader charismatique Thomas Boni Yayi et de son fils Chabi plonge la formation dans une zone de turbulences inédite. Entre protocole de crise et impératifs de santé, « Les Démocrates » jouent leur survie politique.
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Un départ en tandem qui paralyse l’État-major
C’est un séisme dont l’épicentre se situe au cœur du plus grand parti d’opposition. En effet, L’ancien chef de l’État, Thomas Boni Yayi, figure de proue de la contestation, a déposé son tablier de président du parti. Plus frappant encore : son fils, Chabi Yayi, qui occupe le poste de Secrétaire stratégique aux relations extérieures, a suivi le même chemin.
Face à ce double retrait, la direction nationale n’a pas tardé à réagir. Loin de chercher un remplaçant dans l’urgence, l’heure est à la diplomatie interne. Le Dr Guy Mitokpè, porte-parole de la formation, a confirmé que le parti a activé une cellule de crise afin d’engager des pourparlers directs avec l’ex-président.
« Le dialogue avant la succession » : la stratégie du parti
Dans les couloirs du quartier général des Démocrates, le mot d’ordre est clair : la médiation. Plutôt que de céder à la panique, une délégation de haut niveau a été mandatée pour rencontrer l’ancien chef d’État dans sa résidence.
« Lorsqu’une figure de cette stature prend une telle décision, la sagesse impose une concertation avant toute suite administrative », a martelé Guy Mitokpè.
L’objectif de cette mission est double :
- Comprendre l’irréversibilité du choix de Boni Yayi.
- Évaluer l’impact de ce départ sur le moral des troupes à quelques jours de l’examen du 12 avril.
Le facteur santé : la raison officielle derrière le retrait
Alors que les rumeurs de dissensions internes allaient bon train, le parti a tenu à clarifier le motif de ce départ brutal. Selon les déclarations officielles, la démission de Thomas Boni Yayi est motivée par une « question sanitaire ».
Par ailleurs, ce vendredi 6 mars, le parti tient une réunion cruciale, qualifiée de “brûlante”, avec à l’ordre du jour l’avenir du mouvement. Le défi est immense : comment rester une force de frappe politique alors que le parti risque de traverser un désert électoral sans mandat électif pour les sept prochaines années ?
Enjeux et perspectives : un test de résilience
Ce retrait familial pose la question de la succession au sein de l’opposition. Sans l’aura de Yayi, le parti peut-il maintenir sa cohésion ? La réunion de ce jour devrait en effet définir la nouvelle feuille de route des Démocrates.
Pour les analystes, il ne s’agit plus seulement de gagner en notoriété pour les élections futures, mais d’éviter l’implosion. Si les discussions avec l’ancien président n’aboutissent pas à un retour, même symbolique, le parti devra se réinventer dans l’urgence pour ne pas devenir un spectateur de l’histoire politique béninoise de la prochaine décennie.



