COTONOU, 23 mars 2026 – C’est un séisme dont l’onde de choc n’a pas fini d’ébranler l’opposition béninoise. En plein Conseil national, le Dr Guy Dossou Mitokpè a choisi de claquer la porte du parti Les Démocrates. Après l’ex-président Boni Yayi et son fils Chabi Yayi, cette nouvelle défection interroge : que se passe-t-il véritablement chez les Démocrates ? Entre fin de cycle et ambitions renouvelées, retour sur un départ qui ressemble à un tournant stratégique.
Guy Dossou Mitokpè claque la porte.
L’art politique réside souvent dans le sens du calendrier. En annonçant sa démission ce dimanche 22 mars 2026, au soir même des travaux du Conseil national, l’ancien secrétaire à la communication des Démocrates a frappé fort. Alors que le parti tentait de resserrer ses rangs pour l’après-Yayi, la défection de ce visage de la jeunesse militante sonne comme un désaveu des orientations actuelles.
LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
« On ne peut indéfiniment rester dans le deuil des structures », a lâché Guy Dossou Mitokpè (GDM) sur ses réseaux sociaux.
Une phrase courte, mais lourde de sens, qui suggère que l’appareil du parti s’est transformé en carcan, empêchant de tourner résolument le regard vers l’avenir du pays.
Le clap de fin d’une loyauté éprouvée
Derrière les mots empreints de gratitude envers l’ancien président Boni Yayi, qu’il qualifie de « maître en résilience », se dessine une réalité plus abrupte. Après avoir consulté sa base dans la 16ᵉ circonscription et ses cercles de soutien, le diagnostic de GDM est sans appel : un cycle s’est achevé.
Celui qui a fait de l’intégrité et de la fidélité ses chevaux de bataille semble avoir épuisé ses ressources au sein d’une formation en pleine mutation. Ce départ intervient peu après celui de Chabi Yayi, renforçant ainsi l’idée d’une érosion des cadres historiques au profit d’une nouvelle donne politique que certaines attribuent, non sans ironie, à une « prophétie » de rupture déjà évoquée par le sommet de l’État.
Vers quel nouvel horizon ?
Si le Dr Mitokpè part « sans amertume », il ne part certainement pas pour la retraite. Sa détermination assurée et son appel vers de « nouveaux défis » laissent également présager une recomposition imminente. GDM emporte ainsi avec lui une partie de la jeunesse urbaine et connectée, une clé électorale pour les joutes à venir.
Quitte-t-il le navire pour construire sa propre barque ou s’apprête-t-il à rejoindre une autre armada ? Une chose est sûre : en politique béninoise, le vide n’existe pas longtemps. Pourtant, le départ de ce communicant de génie laisse un trou béant dans l’organigramme de l’opposition, au moment précis où elle aurait eu besoin de toutes ses forces vives.



