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Kouandé : 180 000 FCFA rendus

Dans le nord du Bénin, l'histoire fait le tour des marchés et des foyers. Le dimanche 22 février 2026, à…

Dans le nord du Bénin, l’histoire fait le tour des marchés et des foyers. Le dimanche 22 février 2026, à Kouandé, une commerçante a choisi de suivre sa conscience plutôt que l’appât du gain. Mme Ouzématou Soumanou a restitué une forte somme d’argent égarée sur son étal, rappelant ainsi que dans le commerce, la confiance vaut bien plus que l’or.

 

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Au marché de Kouandé, les transactions se font souvent dans le bruit et la précipitation. Mais derrière le tumulte des négociations de tissus et de couleurs, c’est une affaire de dignité qui vient d’éclater au grand jour.

 

L’oubli et le dilemme

Tout commence sur l’étal de Mme Ouzématou Soumanou, vendeuse de pagnes respectée de la place. Parmi ses clientes du jour, une femme prénommée Baké. Après avoir fait ses emplettes, cette dernière repart, laissant derrière elle, sans s’en rendre compte, un petit sachet. À l’intérieur : 180 000 FCFA en liquide.

Pour beaucoup, une telle somme — qui représente plusieurs mois de revenus pour de nombreux ménages — aurait été une tentation insurmontable. Pas pour Ouzématou. Lorsqu’elle découvre le sachet quelques heures plus tard, son sang ne fait qu’un tour. Pour elle, garder cet argent reviendrait à « voler le destin » d’une autre.

 

La radio au service de la vertu

Le défi est alors immense : comment retrouver Baké dans l’anonymat de la foule du marché ? Ouzématou ne connaît ni son adresse, ni son village d’origine. Loin de se résigner, elle décide de porter l’affaire sur la place publique en sollicitant les ondes de la radio locale, Tuko Sari FM.

Ainsi, le message, diffusé en boucle, finit par atteindre les oreilles du propriétaire désespéré. La rencontre qui s’ensuit est empreinte d’émotion. Devant des témoins émus, les 180 000 FCFA sont remis, intacts, à leur propriétaire.

 

Un acte politique et social

Au-delà du simple fait divers, cet acte de probité soulève une question de société au Bénin : celle des valeurs qui cimentent le « vivre-ensemble ». Dans un contexte économique très difficile, le geste de Mme Soumanou est en effet un acte de résistance face à la corruption et au gain facile.

« L’intégrité n’a pas de prix, mais elle a un nom à Kouandé », commente un habitant, admiratif.

En sélectionnant la voie de l’honnêteté, cette commerçante ne s’est pas seulement fait une amie ; elle est devenue, le temps d’une journée, la boussole morale d’une ville toute entière.

 

 Kouandé, une leçon de probité

Ce qu’il faut retenir de ce geste, c’est d’abord la puissance des médias de proximité, puisque Radio Tuko Sari FM a joué un rôle crucial dans la résolution de l’affaire. C’est ensuite la force du caractère, car 180 000 FCFA représentent une fortune pour un petit commerce, ce qui rend l’acte d’Ouzématou héroïque. Enfin, c’est un exemple pour la jeunesse, une preuve concrète que la droiture paie toujours, en réputation comme en paix intérieure.

À Kouandé, dimanche, l’argent retrouvé n’a pas seulement changé de mains : il a aussi changé de sens. En choisissant l’intégrité, Mme Soumanou a rappelé que la confiance est la première richesse d’un marché, et qu’au Bénin, l’honnêteté peut encore tracer la voie.

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