Face au risque d’extension des réseaux extrémistes le long de sa frontière septentrionale, le Bénin redéfinit en profondeur les préceptes de la doctrine militaire moderne. Écartant le modèle de la réponse exclusivement coercitive, les Forces armées béninoises (FAB) intègrent désormais la cohésion sociale, le développement communautaire et la santé publique au cœur de leur dispositif opérationnel.
Réunis à Cotonou les 8 et 9 octobre 2026, les hauts responsables de l’opération Mirador — le commandement interarmées chargé de sécuriser le nord du territoire — ont présenté le bilan stratégique de leur cellule civilo-militaire. Cette restitution solennelle met en lumière la réussite d’une approche novatrice visant à consolider la présence républicaine dans les zones vulnérables.
Pour neutraliser la menace clandestine avant qu’elle ne s’enracine, l’armée béninoise privilégie une méthode fondée sur la proximité civique et la restauration de la confiance. L’opération Mirador déploie son action selon un protocole méthodologique structuré en trois temps : l’instauration d’un dialogue direct avec les communautés villageoises, une concertation continue avec les élus locaux et la concrétisation rapide d’infrastructures d’urgence.
Ce mécanisme réunit au sein de comités paritaires des officiers de terrain, des préfets, des maires et des leaders de la société civile. En associant étroitement les décideurs locaux à la planification des interventions, le commandement militaire dissipe la méfiance historique entre les civils et la troupe. En effet, cette écoute méthodique permet de cibler prioritairement les carences sociales majeures, privant les recrues potentielles des réseaux terroristes du ressentiment local qu’ils cherchent habituellement à instrumentaliser.
Par ailleurs, les données compilées depuis janvier 2025 traduisent le succès tangible de cette doctrine de stabilisation par le bas. Les unités civilo-militaires ont concrétisé soixante-treize interventions d’envergure réparties sur dix-huit communes stratégiques des départements de l’Atacora, de l’Alibori et du Borgou. Au total, plus de 63 600 résidents ont bénéficié directement de ces projets, matérialisant le retour protecteur des services de l’État dans les zones frontalières isolées.
Le volet sanitaire et humain constitue la réussite la plus spectaculaire de cette initiative. Les médecins militaires ont prodigué des soins gratuits à 21 607 patients lors de dix-sept campagnes médicales spécialisées. Parallèlement, la finalisation de dix ouvrages hydrauliques garantit un accès permanent à l’eau potable pour 34 000 habitants. L’institution militaire soutient également le système éducatif local à travers la construction de structures scolaires et l’équipement en mobilier, tout en organisant des campagnes vétéro-sanitaires destinées à préserver les cheptels des communautés pastorales.
L’efficacité opérationnelle démontrée sur le terrain découle d’un partenariat technique et financier particulièrement rigoureux. L’organisation Spirit of America assure le financement principal des microprojets communautaires, tandis que la structure Strategic Stabilization Advisors apporte son expertise méthodologique pour encadrer les équipes de déploiement. Cette convergence de compétences internationales et nationales illustre la capacité du Bénin à coordonner des alliances durables autour de sa sécurité nationale.
Organisé sous la présidence du colonel André Dokoui Fofo, commandant du théâtre Mirador, l’atelier a également enregistré la participation active des généraux de brigade Faïzou Gomina, chef d’état-major de la Garde nationale, et Sanni Bachabi, directeur de cabinet du ministère de la Défense. En tirant les enseignements de ce cycle initial, le Bénin établit la preuve qu’une armée moderne garantit la souveraineté territoriale autant par la fermeté opérationnelle que par le soutien indéfectible aux populations civiles.
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