Politique




Six pôles, six patrons : le Bénin mise sur la performance pour rapprocher l’État des citoyens

Présentée le mercredi au Palais de la Marina, la réforme du développement territorial confie chaque région à un délégué général…

Présentée le mercredi au Palais de la Marina, la réforme du développement territorial confie chaque région à un délégué général tenu de livrer des résultats. Le chef de l’État en fait le pivot de son programme pour sept ans.

 

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Six délégués généraux, six régions, et une même exigence : produire des résultats mesurables. Le président Romuald Wadagni a dévoilé le mercredi 23 septembre 2026, à Cotonou, la mécanique qui doit décider, d’ici sept ans, si l’adresse d’un Béninois pèse encore sur son avenir.

La cérémonie a rassemblé, au Palais de la Marina, les députés, les membres du Conseil économique et social, les préfets et les maires. Le message adressé à cette assemblée tenait en une phrase : le niveau de développement d’un citoyen ne doit plus dépendre de l’endroit où il vit.

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Un patron par pôle, un bilan à rendre

Chaque pôle sera dirigé par un délégué général, dont le rôle dépasse la simple gestion administrative. Selon le projet de société que Romuald Wadagni avait présenté avant son élection, ces responsables coordonneront les investissements, trancheront entre les priorités et évalueront les résultats de leur région. La presse béninoise avait alors relevé que les six pôles épousent l’ancien découpage départemental du pays.

Le chef de l’État exige des résultats stricts de ces futurs responsables. Le calendrier de nomination et les moyens alloués à chaque délégué n’ont pas été détaillés lors de la présentation.

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Quatre chantiers dans chaque région

Le gouvernement impose un cahier des charges identique à tous les pôles, décliné selon les réalités de chaque territoire. L’agriculture d’abord : elle doit être productive et améliorer le sort des producteurs installés sur place. L’industrie ensuite, avec au moins une unité par zone, chargée de transformer localement les ressources au lieu de les exporter brutes. Le tourisme complète le dispositif, en s’appuyant sur des sites patrimoniaux et des villages d’exception. Chaque pôle accueillera enfin un accélérateur d’innovation adapté à son économie.

Ces quatre chantiers reposent sur trois leviers partagés par les six pôles : des infrastructures, le renforcement du capital humain et des incitations destinées au secteur privé.

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Cadres, maires et préfets sommés de changer de méthode

La réforme vise aussi ceux qui l’appliqueront. Romuald Wadagni demande aux cadres de l’administration, aux maires et aux préfets d’adopter une autre posture : montrer l’exemple, expliquer les choix publics et lever peu à peu les obstacles qui freinent le progrès. La réforme change donc l’organisation des services, mais elle exige surtout de ses acteurs une pratique différente du pouvoir local.

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Une tendance régionale

Le Bénin n’est pas seul à parier sur l’échelon intermédiaire. Au Sénégal, le gouvernement a annoncé que les revues annuelles de ses politiques publiques se feraient désormais à l’échelle de huit pôles territoriaux, et non plus des quatorze régions. Dakar y voit une manière de valoriser les ressources propres à chaque territoire. Les deux pays partagent donc le même pari : rapprocher la décision du terrain et mesurer la performance au plus près des habitants.

Ce qu’il faudra surveiller

La feuille de route s’étend sur sept ans. Reste à savoir qui dirigera chaque pôle, avec quel budget et selon quels indicateurs. Ces réponses diront si la promesse d’équité territoriale dépasse le stade de la cérémonie.

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