Justice




Porto-Novo : ouverture du procès sur le décès de Rebecca Dossou

À Porto-Novo, l’ouverture d’un procès très attendu marque un tournant dans une affaire qui a profondément ému l’opinion publique. En…

À Porto-Novo, l’ouverture d’un procès très attendu marque un tournant dans une affaire qui a profondément ému l’opinion publique. En effet, le mercredi 18 février 2026, le tribunal de première instance de première classe a examiné le dossier du décès de Rebecca Dossou, survenu à la suite d’une césarienne au Centre hospitalier universitaire départemental de l’Ouémé.

Quatre professionnels de santé comparaissent devant la justice. Trois d’entre eux sont poursuivis pour homicide involontaire. Le quatrième est mis en cause pour non-assistance à personne en danger.

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Au-delà des qualifications pénales, c’est la question sensible de la responsabilité médicale qui se retrouve au cœur des débats.

 

Une affaire devenue symbole

Le décès de la jeune femme, intervenu après une intervention chirurgicale, avait provoqué une vive réaction au sein de la population. La prise de parole publique de son époux, dénonçant des manquements et des négligences présumées, avait amplifié l’émotion collective.

Dans un pays où les affaires liées à d’éventuelles fautes médicales aboutissent rarement devant les juridictions, l’ouverture de ce procès est en effet un signal fort : celui d’une justice prête à examiner, sans tabou, la conduite des acteurs du système de santé.

Le dossier ne se limite donc pas à un contentieux individuel. Il interroge la qualité des soins, les procédures d’urgence et la culture de reddition des comptes dans les établissements hospitaliers publics.

 

L’audience reportée, la tension maintenue

L’audience, ouverte en milieu d’après-midi, devait permettre d’entrer dans l’examen du fond. Mais à la demande du plaignant, souhaitant se constituer un avocat, les juges ont décidé de reporter les débats au 25 février 2026.

Ce renvoi, technique en apparence, prolonge l’attente des familles et maintient la pression autour d’un dossier devenu emblématique. Les quatre prévenus devront revenir devant la juridiction pour répondre aux accusations portées contre eux.

 

Entre justice et confiance dans l’hôpital

Dans l’opinion, l’affaire soulève une interrogation plus large : comment concilier la protection des patients et la sérénité nécessaire à l’exercice médical ?

Les professionnels de santé rappellent que toute intervention comporte des risques, en particulier dans des contextes où les infrastructures et les moyens humains sont parfois sous tension. Les défenseurs des droits des patients, eux, insistent sur la nécessité d’établir clairement les responsabilités en cas de faute ou de négligence.

Ce procès pourrait ainsi contribuer à clarifier les obligations des praticiens et à renforcer la confiance entre les citoyens et les structures sanitaires.

 

Un test pour l’État de droit

De nombreux observateurs voient dans la comparution des agents mis en cause un signe clair : le principe d’égalité devant la loi s’applique à tous, y compris aux professions longtemps jugées difficiles à poursuivre.

La justice doit désormais accomplir son travail, en respectant les droits de la défense et la présomption d’innocence. Les acteurs du secteur attendent une décision dans les prochaines semaines, et ils la scruteront bien au-delà des murs du tribunal de Porto-Novo.

Au-delà du verdict, le système de santé béninois adressera un message à l’ensemble du pays : il exige plus de rigueur, de transparence et de responsabilité.

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