Bénin 2026 : Le sprint final vers la Marina

À moins de 5 jours du scrutin présidentiel du 12 avril, l'atmosphère politique béninoise s'embrase. Entre la promesse d'une continuité…

À moins de 5 jours du scrutin présidentiel du 12 avril, l’atmosphère politique béninoise s’embrase. Entre la promesse d’une continuité solidement ancrée et l’appel à une refondation sociale, les deux duos en poux jettent leurs dernières forces dans la bataille. Sur le terrain, deux visions du Bénin s’affrontent désormais frontalement sous l’œil vigilant de la Commission électorale nationale autonome (CENA).

 

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Le camp Wadagni : la machine de la continuité en marche

L’héritier présuppose de la rupture, Romuald Wadagni, associé à la vice-présidente Mariam Chabi Talata, ne laisse rien au hasard. Après un démarrage musclé dans le septentrion, notamment à Kandi, le duo a basculé vers le sud. Le vendredi 3 avril, Porto-Novo et Sèmè-Kpodji ont vibré au rythme de leurs caravanes, avant une offensive d’envergure dans l’Atlantique le lendemain.

De Toffo à Ouidah, en passant par Kpomassè et Pahou, la stratégie est claire : occuper l’espace et rassurer. Pour ce faire, le duo bénéficie de soutiens de poids. À Kpomassè, Pascal Koupaki, secrétaire général de la présidence de la République, a plaidé pour l’expérience et la stabilité. Plus surprenant, l’ancien président Nicéphore Soglo lui a également apporté sa prudence morale depuis Bohicon. Ces rassemblements successifs dessinent une coalition hétéroclite mais puissante, unie derrière l’idée que le redressement national doit se poursuivre sans secousse.

 

Paul Hounkpè : le pari de l’insurrection par les urnes

Face à ce bloc, le parti Force Cauris pour un Bénin émergent (FCBE) joue la carte de la rupture sociale. Depuis le lancement de leur campagne le 29 mars à Doutou, Paul Hounkpè et son colistier Judicaël Hounwanou travaillent le terrain avec un slogan choc : « Rebâtir ensemble la fierté béninoise ».

Leur programme se veut une réponse directe aux angoisses du quotidien. Le duo de l’opposition promet une révolution des services de base : santé de proximité, gratuité pour certaines pathologies et investissements massifs dans l’éducation. Mais le cœur de leur offre est politique. Paul Hounkpè propose un véritable « Big Bang » institutionnel : nouvelle Constitution, référendum et assises nationales. Pour financer ces ambitions, il cible le train de vie de l’État, promettant de sabrer dans les salaires des hauts dirigeants pour réinjecter ces fonds dans l’emploi des jeunes.

 

Un duel de méthodes sous haute tension

Alors que les deux camps intensifient leurs sorties, les discours se durcissent. Paul Hounkpè multiplie les mises en garde contre l’achat de voix, une pratique qu’il dénonce avec vigueur lors de ses échanges avec des électeurs éprouvés par la conjoncture. De l’autre côté, le camp Wadagni-Talata mise sur une proximité méthodique, convaincu que le bilan des dix dernières années constitue son meilleur argument de vente.

12 avril : le prix de la stabilité vs le coût du changement

Ce duel dépasse la simple alternance démocratique. Le Bénin se trouve à la croisée des chemins. D’un côté, une technocratie qui a fait ses preuves sur le plan macroéconomique et qui cherche à pérenniser ses acquis. De l’autre, une opposition qui joue sur le sentiment de déclassement d’un parti de la population pour imposer un nouveau contrat social.

L’orientation pour les électeurs est désormais limpide : le 12 avril, ils ne choisiront pas seulement un président, mais le mode opératoire de leur avenir. Entre la « continuité sécurisante » et le « référendum de rupture », la marge est étroite. La capacité de la CENA à garantir un examen transparent sera le juge de paix de cette élection qui, déjà, redessine les contours du paysage politique béninois pour la prochaine décennie.

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