L’aventure s’arrête ici. En effet, ce 5 janvier 2026, le sifflet final du huitième de finale opposant le Bénin à l’Égypte a sonné le glas des espoirs béninois. Si tomber face aux redoutables Pharaons n’a rien d’un déshonneur sur le papier, la manière et le parcours global des Guépards laissent un goût amer. Entre déception tactique et manque de progression, le football béninois se regarde aujourd’hui dans la glace.
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Un choc des extrêmes en 1/8 de finale
Hier, sur la pelouse marocaine, le miracle n’a pas eu lieu. Face à une équipe égyptienne rigoureuse, les Guépards ont une nouvelle fois montré leurs limites actuelles. Malgré une volonté apparente de bien faire, les hommes de Gernot Rohr ont manqué de tranchant et de créativité pour bousculer le bloc adverse. Les Pharaons, maîtres de leur sujet, ont su exploiter les moindres failles d’une défense béninoise parfois fébrile et d’une attaque en manque d’inspiration.
Cette élimination en huitièmes de finale marque la fin d’un parcours qui, au-delà de la qualification pour le second tour, n’aura jamais vraiment fait vibrer les cœurs au pays.
Un bilan teinté de médiocrité
Si l’on analyse cette CAN 2025 avec recul, le constat est sévère : le parcours des Guépards a été, au mieux, moyen. Qualifiés in extremis pour la phase à élimination directe, les Béninois n’ont jamais semblé avoir la main sur leur destin durant le tournoi.
Le jeu proposé est resté laborieux, souvent basé sur la réaction plutôt que sur l’action. On a observé une équipe qui peine à construire, qui subit le rythme de l’adversaire et qui compte trop souvent sur des exploits individuels ou des coups de sort pour s’en sortir. Pour une nation qui aspire à devenir un acteur majeur du football continental, la prestation d’ensemble est apparue bien trop timorée.

Six ans pour rien ?
Le sentiment qui prédomine chez les supporters et les observateurs est celui d’un immense gâchis de temps. Cela fait maintenant Six ans depuis la dernière Can 2019 que les guépards se préparent pour ce moment . En effet, six années durant lesquelles les autorités sportives et le staff technique ont eu carte blanche pour bâtir une sélection compétitive, intégrer de nouveaux talents et instaurer une identité de jeu solide.
Pourtant, au Maroc, le Bénin a donné l’impression d’être une équipe encore en chantier, sans certitudes. Pourquoi, après un tel cycle de préparation, les automatismes sont-ils encore si fragiles ? Pourquoi la progression athlétique et tactique semble-t-elle avoir stagné alors que la concurrence africaine, elle, avance à pas de géant ? Le sentiment d’une performance improvisée prédomine, comme si le travail de fond nécessaire pour briller au plus haut niveau n’avait pas été accompli avec la rigueur exigée par le football moderne.
L’heure de la remise en question
Les Guépards rentrent à Cotonou avec la tête basse. Si l’objectif minimal de sortir des poules a été atteint, le contenu des matchs suggère qu’un plafond de verre s’est installé au-dessus de cette sélection. Par ailleurs, la question du renouvellement, du choix des hommes et de la stratégie globale de la Fédération Béninoise de Football va inévitablement se poser.
On ne peut plus se contenter de « participations honorables ». Pour ne pas gâcher les quatre prochaines années, il est temps de transformer ce parcours moyen en une véritable leçon. Le talent est là, mais sans une organisation structurée et une vision claire, le rugissement des Guépards continuera de s’éteindre dès que le niveau s’élève.



