Depuis hier, jeudi, Cotonou, joyau béninois, s’érige en sanctuaire de l’hilarité avec l’accueil des demi-finales du festival « Mon Premier Montreux d’Afrique ». En effet, Ce concours, dédié à l’éclosion des virtuoses de l’humour à travers le continent, déploie ses fastes à l’Institut français, où quatre soirées, couronnées par un gala, promettent de faire vibrer les âmes. par ailleurs, Véritable creuset d’opportunités, cet événement ambitionne de propulser les étoiles naissantes du rire africain vers des cimes internationales, avec en ligne de mire le prestigieux Montreux Comedy Festival en Suisse.
Mon Premier Montreux d’Afrique : une quête rigoureuse des talents de demain
L’édition actuelle, la cinquième du nom, s’est ouverte sur une moisson foisonnante : 360 candidatures ont afflué, témoignant d’un engouement sans cesse renouvelé. De ce vivier, vingt plumes affûtées ont émergé pour se disputer une place parmi les huit élus de la finale. « Nous traquons les artisans d’un humour novateur, ceux qui sauront porter la voix de l’Afrique », proclame Etienne Ventura, maître d’œuvre du projet. Sous l’œil avisé de Ludivine Bonjoux, directrice artistique, les sketchs se parent de couleurs inédites : « Les thématiques foisonnent, s’aventurent sur des terrains audacieux, et c’est là toute la richesse de cette sélection », observe-t-elle avec une satisfaction palpable.
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Le Bénin, terre fertile de l’esprit comique
D’ailleurs, le Bénin, hôte de ces joutes verbales, se distingue par une tradition humoristique déjà auréolée de succès. Deux victoires éclatantes, portées par Venance Jappe et Kadidjath Issotina, dite « Kady », lors des troisième et quatrième éditions, font résonner un adage optimiste : « Jamais deux sans trois ». Kady, figure rayonnante de cette scène, livre une fresque vivante de l’humour béninois : « Nos spectacles allient finesse d’écriture et jeu maîtrisé, mariant dérision mordante, sarcasme subtil et touches d’autocritique savoureuses. » « De Komgui à Porto-Novo aux pionniers comme Venance, notre palette est vaste et fière. » Pourtant, elle tempère son enthousiasme d’un constat lucide : sans écoles dédiées ni scènes pérennes, l’élan risque aussi de s’essouffler.
Un tremplin, mais quel avenir ?
En somme, les planches de l’Institut français vibreront jusqu’au 6 avril, date où s’achèveront ces demi-finales. Les rires y jaillissent, les talents s’affirment, mais une question demeure en suspens. Le soutien des institutions suivra-t-il pour offrir à ces génies du verbe des estrades durables ? Le festival, avec sa promesse d’un billet pour Montreux, ouvre des portes éclatantes. Reste à savoir si le Bénin, et l’Afrique avec lui, saura cultiver ce terreau fertile pour que l’humour, ce miroir des sociétés, continue d’éblouir et de grandir. L’épilogue de cette aventure, encore incertain, appelle une mobilisation qui dépasse les éclats de rire.