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Cotonou renforce la sécurité maritime au sommet de Monrovia

De Cotonou à Monrovia : Le Port Autonome trace la voie d’une Afrique portuaire plus sûre, un enjeu crucial pour…

Lors du sommet annuel des PFSO à Monrovia, le Port Autonome de Cotonou a intensifié ses engagements en matière de sécurité portuaire face aux menaces régionales, affirmant son rôle stratégique dans la coopération maritime ouest-africaine.

De Cotonou à Monrovia : Le Port Autonome trace la voie d’une Afrique portuaire plus sûre, un enjeu crucial pour le Bénin

Monrovia, 9 juillet 2025 Dans la chaleur vibrante de Monrovia, du 1ᵉʳ au 3 juillet 2025, le Port Autonome de Cotonou (PAC) a porté haut les couleurs du Bénin, au cœur de la 10ᵉ réunion annuelle du Réseau des Commandants et Officiers de Sûreté Portuaire (PFSO) d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Sous l’égide de l’Association de Gestion des Ports d’Afrique de l’Ouest et du Centre (AGPAOC-PMAWCA), cet événement a réuni les gardiens de la sécurité maritime de 22 ports régionaux, tous unis par un même défi : protéger les poumons économiques que sont les ports face à des menaces toujours plus insidieuses. Alors que pirates, trafiquants et catastrophes environnementales guettent, cette rencontre marque-t-elle le début d’une ère de coopération renforcée, ou restera-t-elle un vœu pieux face aux tempêtes sécuritaires qui secouent le continent ?

 

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Lors du sommet annuel des PFSO à Monrovia, le Port Autonome de Cotonou a intensifié ses engagements en matière de sécurité portuaire face aux menaces régionales, affirmant son rôle stratégique dans la coopération maritime ouest-africaine.La délégation béninoise au cœur des échanges pour une sûreté portuaire renforcée à Monrovia

 

Dans les salles de conférence du port de Monrovia, José Seriki, chef du Service Pilotage des Navires, et Nazid Salifou, chef du Service Formalités des Accès, ont représenté le PAC avec détermination. Aux côtés de leurs homologues de 20 pays, ils ont plongé dans des discussions intenses, partageant expériences et stratégies pour renforcer la sûreté des ports, un enjeu vital pour des économies où le commerce maritime représente jusqu’à 90 % des échanges, comme au Bénin. Organisée par l’AGPAOC-PMAWCA, cette réunion s’inscrit dans la mission du réseau, créé en 2014 à Tema, Ghana, pour harmoniser les pratiques conformément au Code ISPS, un cadre international visant à sécuriser les navires et les infrastructures portuaires.

Les débats ont porté sur des sujets brûlants : la lutte contre la piraterie dans le golfe de Guinée, où 40 % des attaques mondiales contre les navires ont eu lieu en 2024 selon l’International Maritime Bureau ; la coopération avec les agences nationales comme la marine et la douane ; et la protection de l’environnement marin face aux déversements accidentels. « Nos ports sont les portes de l’Afrique, mais aussi ses points vulnérables », a souligné un délégué libérien, capturant l’urgence d’une collaboration régionale. Pour Cotonou, hub stratégique pour le Niger, le Mali et le Burkina Faso, ces échanges constituent une opportunité inestimable de consolider son rôle de leader dans la sous-région.

 

Le Port Autonome de Cotonou : Une quête d’excellence sécuritaire malgré les défis

 

Le PAC, qui gère 8 millions de tonnes de fret annuel et contribue à 60 % du PIB béninois, est un acteur clé du commerce ouest-africain. Certifié ISO 14001:2015 pour son engagement environnemental et ISO 9001:2015 pour sa gestion de la qualité, le port s’efforce depuis des années de respecter les normes ISPS, des standards internationaux rigoureux. Des formations récentes, soutenues par des experts belges, ont renforcé les compétences de ses PFSO, chargés d’élaborer des plans de sûreté et de coordonner les réponses aux menaces. La participation de Seriki et Salifou à Monrovia s’inscrit dans cette dynamique d’amélioration continue, visant à intégrer les meilleures pratiques régionales pour contrer des défis persistants comme le trafic illicite ou les cyberattaques, qui ciblent de plus en plus les systèmes portuaires numériques.

Pourtant, les obstacles restent nombreux. Le PAC, malgré son plan de modernisation de 2021-2026 financé à hauteur de 80 millions d’euros par la Banque Africaine de Développement, souffre encore de congestions et d’infrastructures vieillissantes. Les discussions à Monrovia ont souligné la nécessité d’investir massivement dans des technologies de pointe, comme les capteurs IoT pour la maintenance prédictive et les systèmes de surveillance avancés, des solutions encore embryonnaires à Cotonou. « Nous apprenons des autres pour mieux protéger notre port, mais il faut des moyens conséquents », confie un responsable béninois, reflétant une ambition freinée par des contraintes budgétaires notables.

 

La coopération régionale : Une nécessité vitale à l’épreuve des réalités

La réunion de Monrovia, accueillie par la National Port Authority de Liberia, a mis en lumière l’importance cruciale de la coopération régionale. Depuis sa création en 2014, le Réseau des Commandants et PFSO de l’AGPAOC-PMAWCA a permis des avancées significatives, telles que les patrouilles conjointes entre le Bénin et le Nigeria en 2011, attestant d’une volonté d’action concrète. Cependant, les centres de coordination maritime régionaux, comme celui de Cotonou, manquent encore cruellement de moyens et de ressources humaines. Les délégués ont appelé à des accords renforcés entre ports et à une meilleure coordination avec des organismes internationaux comme l’Organisation Maritime Internationale (OMI), qui soutient des formations similaires à Mombasa et Dar es Salaam.

Sur X, la participation du PAC a été saluée comme un signe d’engagement régional, mais certains utilisateurs ont tempéré l’enthousiasme, soulignant que « sans investissements massifs, la sécurité maritime restera un vœu pieux ». Le Bénin aspire à redevenir un carrefour d’innovation sécuritaire et un modèle dans la région, mais le chemin est long et semé d’embûches. La piraterie, bien que globalement en baisse, demeure une menace latente, et les ports africains doivent également s’adapter aux défis climatiques croissants, comme les inondations récurrentes qui perturbent gravement les opérations.

 

Cotonou : Sentinelle d’un avenir maritime sécurisé et prospère à Monrovia

Alors que José Seriki et Nazid Salifou regagnaient Cotonou, emportant avec eux une moisson d’idées et d’engagements concrets, la réunion de Monrovia a rappelé une vérité essentielle : la sûreté des ports est le socle indispensable de la prospérité africaine. Désormais, le Port Autonome de Cotonou se tient à un tournant stratégique, fort de son ambition mais pleinement conscient des défis colossaux qui l’attendent. Dans un golfe de Guinée où chaque navire représente une cible potentielle, cette rencontre n’est pas qu’un simple échange d’idées ; c’est un appel vibrant à bâtir des forteresses maritimes impénétrables pour une Afrique plus forte et plus résiliente. La question demeure : le Bénin saura-t-il transformer ces promesses en remparts infranchissables contre l’incertitude et les menaces croissantes ?

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