Dans un paysage financier ouest-africain souvent chahuté par l’instabilité, le Bénin tire son épingle du jeu. Selon les derniers indicateurs de la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), Cotonou affiche désormais le profil bancaire le plus sain de la région. Un signal fort envoyé aux marchés internationaux qui ne jurent plus que par le risque béninois.
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La chute spectaculaire des créances douteuses
C’est un chiffre qui fait pâlir d’envie ses voisins : 4,4 %. Il s’agit du taux de crédits dégradés, autrement dit des prêts difficiles à recouvrer par les banques béninoises. Pour comprendre l’ampleur de la performance, il suffit de regarder de l’autre côté de la sous-région : en Guinée-Bissau, ce taux frôle les 30 %.
Ce gouffre statistique entre le Bénin et les autres pays de la zone n’est pas le fruit du hasard. Il traduit une mutation profonde de la gouvernance économique nationale. En effet, la rigueur imposée dans l’octroi des prêts et l’amélioration de l’environnement des affaires ont permis d’assainir les bilans des banques locales, transformant le pays en un havre de sécurité financière.
Le « label Bénin » : un aimant à capitaux
Désormais, cette résilience bancaire est le principal argument de vente du pays auprès des bailleurs de fonds et des investisseurs directs étrangers. En affichant le profil le plus sûr d’Afrique de l’Ouest, le Bénin ne se contente plus de gérer ses finances ; il séduit massivement.
« Le risque de défaut est devenu quasi résiduel au Bénin comparé à la moyenne régionale », analyse un expert de la place financière de Cotonou.
Cette stabilité exceptionnelle offre aussi un avantage compétitif majeur :
- Baisse du coût du crédit pour les grandes entreprises.
- La confiance s’accroît des institutions multilatérales.
- Attractivité renforcée pour les investisseurs internationaux qui recherchent à placer leurs capitaux dans des zones à faible risque.
Vers une hégémonie financière régionale ?
Cependant, ce succès pose un nouveau défi à Porto-Novo : celui de la transformation de cette stabilité en croissance inclusive. Si les banques sont aujourd’hui solides et leurs portefeuilles propres, l’enjeu reste de fluidifier davantage le financement des PME, tout en conservant ce précieux verrou de sécurité qui fait la force du pays.
Néanmoins, une chose est sûre : dans la course à l’émergence, le Bénin vient de valider une étape cruciale. En se positionnant comme la destination d’investissement la plus fiable de la zone CFA, le pays se donne les moyens de ses ambitions continentales.



