Nicéphore Soglo adoube Romuald Wadagni avant le scrutin du 12 avril

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                          À quatre jours du scrutin présidentiel, le paysage politique béninois vient de subir une secousse majeure. Nicéphore Dieudonné Soglo, figure tutélaire de la démocratie béninoise et premier président de l’ère du Renouveau, a rompu le silence ce mercredi 8 avril 2026. Depuis Cotonou, celui que l’on surnomme « Hercule » a officiellement adoubé Romuald Wadagni, le présentant non pas seulement comme un successeur, mais comme l’architecte indispensable de la modernité africaine.

 

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Une filiation politique assumée : « Mon fils, Romuald. »

Le ton est solennel, presque paternel. En qualifiant ouvertement Romuald Wadagni de « fils », Nicéphore Soglo opère une fusion symbolique entre deux époques. L’ancien maire de Cotonou dresse un pont direct entre son propre mandat (1991-1996), marqué par le redressement spectaculaire de la croissance, et la décennie de réformes sous Patrice Talon.

En effet, cette prise de parole intervient à quelques jours du silence électoral, ce qui accentue l’urgence et la portée stratégique de ce soutien.

Pour le patriarche, le choix du ministre d’État est « raisonnable et très judicieux ». Il ne tarit pas d’éloges sur ce brillant expert-comptable qui, selon lui, possède la « vertu rare de l’architecture de la précision ». Soglo voit en Wadagni l’homme capable de transformer les larmes de l’histoire en fondations économiques solides. Il invite ainsi les populations à une mobilisation générale pour confier « les clés de l’avenir » au duo Wadagni-Talata.

 

Du Renouveau de 1991 à la Réconciliation de 2026

L’angle choisi par l’ancien président dépasse la simple gestion comptable. Soglo insiste sur la dimension humaine et sociale du projet de son poulain. Il affirme que Wadagni porte une chance réelle pour la « réconciliation nationale », un thème sensible au cœur des débats politiques actuels.

Ainsi, ce parrainage vise autant à séduire les nostalgiques du Renouveau qu’à convaincre une jeunesse en quête de repères et d’un projet inclusif.

L’ancien chef d’État souligne que le Bénin de demain exige des dirigeants obsédés par l’éducation, la santé et le bien-être. À ses yeux, le candidat de la mouvance présidentielle incarne cette « énergie neuve » capable de consolider la grandeur retrouvée du pays tout en maintenant une « exactitude implacable » dans la gestion des deniers publics.

 

Un plaidoyer panafricain sur fond de dettes morales

La déclaration de Nicéphore Soglo prend une tournure inattendue lorsqu’il évoque l’actualité internationale. Il lie le destin du Bénin à la récente résolution de l’ONU du 25 mars 2026 condamnant la Traite négrière. Citant Aimé Césaire, il rappelle aussi la dette morale de l’Occident envers l’Afrique.

En inscrivant son soutien dans une perspective panafricaine, Soglo transforme un choix électoral en symbole de souveraineté et de réconciliation.

Cette digression historique sert un dessein précis : démontrer que le développement du Bénin est une œuvre « sacrée ». Soglo fustige les pays ayant voté contre cette résolution et rappelle les horreurs du passé pour mieux souligner l’urgence d’une souveraineté économique forte. Pour lui, Wadagni est le « bâtisseur » apte à naviguer dans ce nouvel ordre mondial où chaque espoir doit être provisionné pour ne pas s’effondrer.

 

Le poids d’un parrainage historique

L’intervention de Nicéphore Soglo, vice-président du Forum des anciens chefs d’État d’Afrique, change la donne à quelques heures du silence électoral. En apportant son prestige à Romuald Wadagni, il tente ainsi de rassurer les franges de l’électorat encore nostalgiques de l’ère du Renouveau tout en validant l’héritage de la Rupture. De l’Hercule du Renouveau au bâtisseur de précision, ce parrainage transforme également l’élection en un passage de flambeau intergénérationnel.

L’orientation pour le scrutin du 12 avril est désormais limpide : ce parrainage transforme l’élection en un passage de flambeau intergénérationnel. Si Wadagni parvient à capter cette aura historique, il pourrait en effet transformer sa réputation de technocrate en celle d’un leader populaire d’un genre nouveau.

Le défi reste de taille : convaincre que la « précision » de l’expert saura aussi répondre à l’émotion du peuple. Dimanche, le suffrage des Béninois dira si l’appel du patriarche a été entendu au-delà des cercles politiques de Cotonou. En définitive, l’histoire béninoise s’écrit désormais entre héritage et modernité, entre mémoire et projection.

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