Ouidah, 6 décembre 2025 — À l’aube des Vodun Days 2026, la cité historique de Ouidah bouillonne. Entre l’inauguration imminente d’infrastructures hôtelières de luxe, la rénovation des lieux de mémoire et l’édification de sanctuaires éphémères, la ville réussit le pari de la modernisation sans trahir son âme. Plongée dans les coulisses d’une cité en pleine mutation.
Ouidah ne dort plus. À quelques jours des manifestations officielles, la ville se transforme sous nos yeux. Ici, le béton des nouveaux complexes touristiques côtoie la terre sacrée des couvents, dans un ballet où chaque geste semble répondre à une nécessité : s’adapter au monde sans rompre avec les divinités.
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Le Python Royal s’installe à Fonsramè
Le chantier du Temple du Python Royal, monument emblématique de la place Dangbé, suit son cours. Mais, la tradition n’attend pas la fin des travaux. Pour que les manifestations des Vodun Days 2026 conservent toute leur puissance spirituelle, une solution exceptionnelle a été trouvée.
En un temps record, un temple éphémère est sorti de terre au sein du Couvent Hêhounli, à Fonsramè. Cet espace provisoire a été conçu pour abriter les pythons sacrés le temps des célébrations. C’est là toute la résilience de la culture Vodun : savoir bâtir dans l’urgence un sanctuaire capable d’accueillir le sacré, prouvant que la foi peut se loger ailleurs que dans la pierre, pourvu que le rite demeure.
Dhawa : Le nouveau visage de l’hôtellerie de luxe
Pendant que les initiés s’activent à Fonsramè, l’économie touristique, elle, prend son envol sur la côte. Le lundi 05 janvier, sous le soleil de l’après-midi, le Village artisanal de la Marina, situé sur la plage de Djègbadji, a prêté son décor à un événement majeur : la présentation officielle de l’Hôtel Dhawa.
En présence d’un parterre de personnalités et d’acteurs clés du secteur, le projet a dévoilé des ambitions à la mesure du nouveau Bénin. Ce complexe 4 étoiles, dont l’ouverture est désormais imminente, promet de redéfinir les standards de l’accueil dans la cité des Kpassè. L’Hôtel Dhawa n’est pas qu’un bâtiment de plus ; il est le symbole d’une ville qui se donne les moyens de ses ambitions mondiales.
L’établissement se veut à la fois décontracté et contemporain. Composé de 132 chambres, « Dhawa Ouidah » propose une gamme complète de services haut de gamme. D’ailleurs, sa force réside dans un équilibre subtil : un design original et un confort absolu, boostés par une technologie intégrée de pointe pour offrir aux visiteurs une expérience de séjour unique, tout en restant profondément ancré dans le paysage balnéaire béninois.


Le Fort Portugais : la mémoire en héritage
Un peu plus loin, au cœur de la ville, le silence se fait plus solennel. Le Fort Portugais, témoin muet des siècles de traite négrière, achève sa mue. Entièrement rénové entre 2020 et 2024, ce vestige chargé d’histoire attend désormais son inauguration officielle.
Le monument abrite désormais le Musée International de la Mémoire de l’Esclavage (MIME). Ce sanctuaire mémoriel ne se contente plus de raconter le passé ; il se prépare également à devenir un passage obligé pour quiconque veut comprendre la blessure et la résilience du peuple béninois.
Célébrer sans renoncer
Ouidah en 2026 offre un spectacle fascinant de dualité. D’un côté, le luxe feutré du Dhawa et la rigueur muséale du Fort Portugais ; de l’autre, la ferveur spirituelle d’un temple de python construit en quelques jours.
S’adapter sans rompre, préserver sans interrompre : tel semble être le mot d’ordre de cette édition. Alors que les projecteurs des Vodun Days s’apprêtent à s’allumer, la cité prouve qu’elle peut être à la fois une vitrine touristique de premier plan et le gardien farouche de ses mystères ancestraux.



