À Cotonou, le Port Autonome (PAC) franchit une étape décisive dans sa mutation structurelle. Après deux années de compagnonnage intensif avec les experts belges d’Anvers-Bruges, une nouvelle génération de cadres béninois, les « Hauts Potentiels » (HaPo), vient de parachever son immersion. Plus qu’une simple remise de diplômes, ce passage de témoin technique préfigure le futur visage de l’économie portuaire nationale.

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Les 17 et 18 mars derniers, les salons du Golden Tulip de Cotonou ont servi de cadre à un exercice de haute volée. Face à un jury exigeant, les agents du programme HaPo ont défendu les résultats de 24 mois de formation de terrain. Ce cursus, qui a conduit ces talents des quais du Bénin aux terminaux d’Anvers en Belgique, visait un objectif clair : transformer des techniciens en managers stratégiques capables de piloter les ambitions du poumon économique du pays.

Un pont de compétences entre Cotonou et Anvers
Depuis 2021, la gestion déléguée au Port d’Anvers-Bruges International (PoABI) ne se limite pas à la modernisation des infrastructures en béton ou à l’achat de portiques. Elle repose sur un pilier souvent invisible mais essentiel : le transfert de savoir-faire. En effet, l’enjeu pour les autorités béninoises est de garantir que l’excellence opérationnelle survive aux contrats de gestion internationaux.
Grâce à cette immersion européenne, les cadres locaux ont pu se frotter aux standards mondiaux de la logistique. Cette montée en puissance est perçue comme un gage de compétitivité alors que la concurrence entre les ports du Golfe de Guinée s’intensifie.

Trois chantiers prioritaires pour l’avenir
Pour marquer leur fin de cycle, les HaPo ont présenté trois projets qui touchent au cœur de la stratégie nationale.
- Le nautisme de précision : le développement d’un pôle naval performant pour fluidifier les entrées et sorties de navires de grande capacité.
- La conquête de l’hinterland : une stratégie d’expansion vers les pays enclavés du Sahel, clients historiques de la plateforme béninoise.
- La guerre des tarifs : une optimisation de la politique de prix du PAC pour attirer de nouveaux armateurs tout en préservant les recettes de l’État.

En somme, ces projets marquent le début d’une nouvelle ère. Le Port Autonome de Cotonou ne se contente plus de subir les flux mondiaux ; il se dote désormais de cerveaux formés pour les anticiper. Cette promotion de managers aguerris porte désormais sur ses épaules la responsabilité de maintenir le port comme un hub incontournable en Afrique de l’Ouest.




