Bénin 2026 : la diaspora en Côte d’Ivoire entre mobilisation, espoirs et enjeux de continuité

À quelques jours de l'examen présidentiel du 12 avril 2026, la ferveur monte au sein de la communauté béninoise vivant…

À quelques jours de l’examen présidentiel du 12 avril 2026, la ferveur monte au sein de la communauté béninoise vivant en Côte d’Ivoire. Sur la Terre d’Éburnie, la diaspora s’impose comme un baromètre politique à part entière, partagée entre aspiration au progrès, fidélité aux réformes engagées et exigence d’un processus électoral crédible. Saturnin Houngbo, secrétaire général du Haut Conseil des Béninois de l’extérieur (section Côte d’Ivoire) et notable au sein de la Chambre des rois traditionnels de son pays d’accueil, nous livre son regard sur le processus électoral en cours.

 

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Une démocratie sous le signe de la continuité

Monsieur le Secrétaire général, quel est, selon vous, l’état d’esprit des Béninois face à l’échéance du 12 avril prochain ?

Saturnin Houngbo : Il faut d’abord rappeler que le Bénin cultive une tradition démocratique solide depuis 1990. Toutefois, le tournant de 2016 a instauré une ère de rupture sous l’impulsion du président Patrice Talon. Aujourd’hui, les attentes des citoyens se cristallisent autour d’un enjeu majeur : la pérennisation des transformations profondes que le pays a connues, tant à l’échelle nationale qu’internationale. Pour beaucoup, cette élection représente le socle de la continuité des réformes engagées.

 

Une diaspora entre soif de développement et divergences

Comment les expatriés béninois perçoivent-ils ce processus électoral ?

Saturnin Houngbo : Comme dans toute démocratie vivante, les opinions ne sont pas uniformes. Il existe une pluralité de points de vue entre les partisans de la mouvance et ceux de l’opposition. Cependant, un point de convergence unit tous les fils et filles de la diaspora : le désir ardent de voir leur patrie se transformer. Le fait de vivre à l’étranger nous permet de mesurer les niveaux de développement des autres nations. Cette expérience nourrit notre ambition pour le Bénin. Actuellement, une large partie de la diaspora semble se rallier derrière le duo Wadagni-Talata.

Plus précisément, quel sentiment prédomine chez les Béninois résidant en Côte d’Ivoire ?

Saturnin Houngbo : C’est un sentiment de fierté qui domine. Participer au vote est perçu comme un acte républicain essentiel. Nos compatriotes ici sont mobilisés. Notre rôle, en tant qu’organisation, est d’ailleurs de multiplier les actions de sensibilisation afin que chaque électeur puisse se rendre aux urnes le dimanche 12 avril. Nous espérons une issue qui permettra au camp soutenu par la majorité de célébrer la victoire dès le soir du dépouillement.

 

Surveillance internationale et sérénité nationale

La CEDEAO a porté son choix sur l’ancien président ghanéen pour superviser cet examen. Quelle est votre analyse de cette désignation ?

Saturnin Houngbo : Le Bénin est un membre fondateur de la CEDEAO depuis 1975. Par conséquent, nous acceptons naturellement les mécanismes de l’organisation. L’envoi d’une mission de supervision est une procédure standard pour garantir la transparence des élections dans la sous-région. Nous nous conformons donc sans réserve à cette décision, qui vise à assurer le bon déroulement du vote.

Certains observateurs évoquent parfois des craintes lors des périodes électorales. Partagez-vous cette inquiétude ?

Saturnin Houngbo : Absolument pas. Je tiens à rassurer l’opinion : il n’existe aucune crainte majeure au sein de la population. Au contraire, l’ambiance est à la sérénité. Les Béninois abordent ce rendez-vous avec confiance. Le pays est sur les rails démocratiques depuis la Conférence nationale et poursuit son chemin avec assurance.

 

Les forces en présence sur le terrain

À l’approche du jour J, quelles sont les tendances que vous observez ?

Saturnin Houngbo : Le paysage électoral se dessine principalement autour de deux forces : le duo Romuald Wadagni–Talata et le duo conduit par Paul Hounkpè. Bien que mon devoir de réserve m’empêche de proclamer des résultats par anticipation, l’occupation du terrain parle d’elle-même. D’est en ouest, du nord au sud, la campagne est omniprésente. Les réseaux sociaux et les mobilisations de masse témoignent d’une forte visibilité pour le jeune candidat Romuald Wadagni. La dynamique actuelle est claire pour quiconque suit l’actualité de près.

 

L’enjeu de la maturité

Au-delà des joutes oratoires et de la ferveur partisane décrites par Saturnin Houngbo, cet examen du 12 avril 2026 pose une question fondamentale : celle de la consolidation du modèle béninois. Si la diaspora ivoirienne affiche une sérénité exemplaire, l’enjeu pour Cotonou sera de démontrer que l’efficacité économique de la « Rupture » peut s’accorder avec un processus électoral inclusif et apaisé.

Le véritable vainqueur de ce scrutin ne sera pas seulement un duo de candidats, mais la capacité du Bénin à demeurer ce laboratoire de stabilité en Afrique de l’Ouest, sous l’œil attentif de ses voisins et de ses ressortissants à l’étranger.

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