C’est un passage obligé pour tout prétendant à la Marina, mais celui-ci avait un goût de test de vérité. Le lundi 23 mars 2026, Romuald Wadagni, ministre d’État et candidat de la mouvance pour la présidentielle d’avril, a foulé le sol de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC). Entre aveux sur le passé et promesses de rupture pour l’avenir, le « Monsieur Économie » du gouvernement s’est livré à un exercice de pédagogie politique devant une communauté universitaire en attente de réponses concrètes.
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Un état des lieux sans concession au rectorat
L’après-midi a débuté loin du tumulte des amphithéâtres, dans le calme feutré de la salle des actes. En l’absence du recteur, le professeur Charlemagne Babatoundé Igue en mission, c’est le vice-recteur chargé des affaires académiques, Tairou Djara, qui a dressé un constat cinglant : une érosion continue du corps enseignant et des infrastructures incapables de suivre la démographie estudiantine. Pourtant, l’équipe rectorale ne baisse pas les bras et projette une université 2.0, tournée vers la digitalisation et capable de générer des solutions locales pour le développement du continent.

L’aveu de Calavi : « Un choix assumé »
Face à ces doléances, Romuald Wadagni n’a pas choisi la langue de bois. Avec une franchise remarquée, il a admis que le sous-secteur de l’enseignement supérieur n’avait pas été la priorité budgétaire des dernières années. Selon lui, il s’agissait d’un « choix stratégique » du gouvernement sortant, qui a privilégié d’autres piliers de croissance.
Néanmoins, le candidat de la continuité veut désormais changer de braquet. Pour lui, le diagnostic est clair : aucune transformation structurelle de l’économie béninoise ne pourra se faire sans une recherche scientifique robuste. « Sans une université forte, nos ambitions nationales resteront fragiles », a-t-il martelé, saluant au passage la résilience du personnel administratif et des enseignants.
Le « plan de choc » pour le prochain septennat
Pour convaincre son auditoire, le Ministre-candidat a dégainé des mesures immédiates et des engagements à long terme :
- Urgence sociale : des investissements sont déjà fléchés pour transformer le quotidien des étudiants, notamment sur les volets critiques du transport et de la restauration.
- Cap sur 2033 : Romuald Wadagni s’engage, s’il est élu le 12 avril prochain, à faire de l’enseignement supérieur le cœur battant du prochain septennat.
En somme, cette escale à l’UAC marque un tournant dans la campagne du candidat. En reconnaissant les lacunes passées pour mieux crédibiliser ses promesses futures, Wadagni tente de sceller un nouveau pacte avec la jeunesse intellectuelle du pays. Reste à savoir si ce discours de « vérité stratégique » saura transformer l’essai dans les urnes.



