L’époque de la simple saisie de moto semble révolue. À Cotonou, la Police républicaine et le parquet de Cotonou s’attaquent désormais de front au phénomène des rodéos urbains (Zéwé). Deux jeunes acrobates, interpellés après une course folle entre Fidjrossè et le carrefour Bio Guéra, ont vu leur garde à vue prolongée le jeudi 5 mars 2026. Enquête sur un virage répressif qui vise à sécuriser les nuits de la capitale économique.
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L’escalade de trop : une nuit de tension sous haute surveillance
Tout commence dans l’obscurité de la nuit du dimanche 1ᵉʳ au lundi 2 mars 2026. Ce qui devait être une démonstration d’agilité pour un groupe de jeunes motocyclistes s’est transformé en une confrontation directe avec les forces de l’ordre. Partis de l’esplanade de Fidjrossè, les pilotes ont lancé leurs moteurs dans une série de figures périlleuses en direction du prestigieux boulevard de la Marina.
Toutefois, ce qu’ils ignoraient, c’est que la Police républicaine avait déjà déployé un filet de sécurité invisible. C’est au niveau du carrefour Bio Guéra que le rideau est tombé. Résultat de l’opération : deux arrestations majeures ainsi que la mise en fourrière immédiate de dix-huit motocyclettes.
La justice entre en scène : un signal fort du parquet
Contrairement aux pratiques habituelles où le paiement d’une amende suffisait pour récupérer le véhicule, l’affaire a pris une qualification criminelle. Le jeudi 5 mars, les autorités ont conduit les deux suspects devant le procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Cotonou.
Le magistrat a ordonné la prolongation de leur garde à vue au commissariat du 12ᵉ arrondissement et fixé une nouvelle audition pour le lundi 9 mars 2026. Le procureur devra ensuite trancher entre un classement, une médiation pénale ou, plus vraisemblablement, l’ouverture de poursuites judiciaires fermes.
Pour le commissaire Eric Edon, en charge du 12ᵉ arrondissement, la ligne rouge a été franchie. Il rappelle que ces acrobaties sur la voie publique ne sont pas de simples jeux, mais une « infraction grave » mettant en péril la vie d’autrui.
Le « Zéwé » dans le viseur : vers une tolérance zéro ?
Cet épisode marque sans doute la fin d’une certaine complaisance envers le « Zéwé », cette pratique de cascades urbaines devenue virale chez les jeunes Cotonois. En judiciarisant ces interpellations, les autorités béninoises affirment leur volonté de dissuader et de sanctionner.
La stratégie de sécurisation se poursuit : des sources policières annoncent déjà l’intensification des patrouilles dans :
- Le boulevard Saint-Michel (artère commerciale majeure) ;
- L’axe d’Akpakpa ;
- Les périmètres de l’aéroport international.
Quel avenir pour les interpellés ?
L’issue de l’audition du lundi 9 mars sera scrutée de près par l’opinion publique et les usagers de la route. Si le procureur décide de poursuivre les prévenus, cela créerait un précédent juridique majeur au Bénin, transformant la pratique du rodéo urbain d’une simple incivilité en un délit passible de peines correctionnelles.




