Réunie ce mercredi 3 juin pour sa première session ordinaire, la nouvelle équipe gouvernementale étrenne un rythme mensuel inédit. Cette réforme structurelle est censée privilégier l’action sur le terrain au détriment du rituel hebdomadaire.
C’est un baptême du feu feutré qui se joue ce mercredi 3 juin 2026 au palais de la Marina, à Cotonou. Une semaine après la tenue d’une session inaugurale purement protocolaire, le 28 mai dernier, le président de la République, Romuald Wadagni, préside le premier Conseil des ministres ordinaire de son septennat (2026-2033). Au-delà de l’ordre du jour, ce conclave concrétise une réforme profonde de la grammaire politique béninoise : la fin du rendez-vous hebdomadaire des ministres, désormais remplacé par une session mensuelle unique, fixée chaque premier mercredi du mois.
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Ainsi, cette rationalisation du calendrier exécutif marque une rupture délibérée avec les usages des mandats précédents. En espaçant les réunions de l’ensemble du cabinet, le chef de l’État entend imposer une nouvelle culture de la performance, privilégiant le suivi opérationnel et l’autonomie sectorielle.
Alléger le rituel pour accélérer l’action
Dans l’entourage de la présidence, ce changement de paradigme est justifié par un impératif d’efficacité. En effet, l’objectif affiché consiste à désengorger l’agenda des ministres afin de leur permettre de se consacrer pleinement au déploiement des politiques publiques et à la gestion de leurs administrations respectives.
« Le gouvernement doit passer moins de temps en conclave et plus de temps sur le terrain », résume un proche de l’exécutif, faisant ainsi écho aux orientations présidentielles qui somment l’équipe de traduire rapidement en actes les promesses de développement et d’amélioration des conditions de vie de la population.
Par ailleurs, pour parer à toute rigidité institutionnelle, le cadre réglementaire préserve la flexibilité de l’action publique. Le président de la République conserve ainsi la prérogative de convoquer des sessions extraordinaires à tout moment, au gré des urgences sécuritaires, économiques ou sanitaires du pays.
Le temps des arbitrages et des nominations
Dès lors, ce premier rendez-vous de juin fait figure de test grandeur nature pour le gouvernement Wadagni I. Les observateurs de la vie politique béninoise attendent de cette session les premiers arbitrages budgétaires et sectoriels du septennat, indispensables au lancement de la machine administrative.
À ce titre, ce conclave devrait notamment acter :
- Les premières grandes orientations économiques et sociales du gouvernement ;
- Une vague de nominations attendue au sein des ministères, des directions générales et des sociétés d’État, afin de stabiliser les nouvelles structures de commandement ;
- L’adoption des premiers décrets d’application liés à la réorganisation des portefeuilles ministériels.
En définitive, en choisissant de bousculer le tempo de la gouvernance dès ses premiers jours, Romuald Wadagni cherche à imprimer son style : une gestion d’allure managériale, axée sur les résultats, où le Conseil des ministres n’est plus une chambre d’enregistrement hebdomadaire, mais le pivot mensuel des décisions stratégiques majeures du Bénin.




